L’idée initiée par un élu de la nation visant la modification de la Constitution du 30 mars 2016 de la République Centrafricaine continue de faire couler l’ancre et la salive au sein des formations politiques, de la société civile, des universitaires, les confessions religieuses et autres entités dans le pays.

Actuellement, cette question de la réécriture qui a évolué vers la rédaction d’une nouvelle la Constitution de la République Centrafricaine divise l’opinion nationale et internationale. Le pouvoir et ses partisans et adeptes trouvent des arguments qui selon eux, sont suffisants pour modifier ou écrire une nouvelle constitution de la République Centrafricaine en organisant une manifestation le 06 août 2022 tant à Bangui que dans les préfectures de la République Centrafricaine. Cependant, en réponse du Front Républicain, le Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution du 30 mars (BRDC) a organisé un meeting ce samedi 27 août 2022 pour s’opposer à toute tentative de modification de cette loi fondamentale.

Une question capitale demeure toujours face à ces agitations sur les stations nationales et internationales, sur les réseaux sociaux, dans les rues de Bangui : qui défend qui ?

 Le Front Républicain indique souvent que le Peuple centrafricain « souverain, dit-on » a besoin d’une nouvelle constitution, car l’actuelle (Constitution) ne répond plus aux aspirations de ce peuple.

De même, le Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution du 30 mars 2016 crie très haut que ce peuple n’a pas besoin d’une nouvelle constitution pour le moment. 

Les analystes sérieux de la vie politique de la République Centrafricaine précisent sans complaisance que ni le gouvernement, ni le BRDC ne défend ce peuple actuellement à travers leurs marches pacifiques et meetings. Ces déclarations et agitations faites par les deux camps idéologiquement opposés ces derniers temps ont pour but ultime de défendre seulement leurs propres intérêts égoïstes et narcissistes. Un gros mensonge du siècle, le fait de dire que c’est au nom du peuple centrafricain qu’ils agissent de la sorte, chacun à sa manière.

Les manifestations pacifiques du Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution du 30 mars 2016 visent essentiellement à ne pas laisser le Président Faustin Archange Touadéra, Alias « Majesté impérial Touadéra 1er », selon Me Nicolas Tiangaye lors du meeting du 27 août, mettre fin à leur rêve politique : devenir un jour président de la République Centrafricaine. Tout est prévisible dans les discours tenus par les leaders de ce Blog Républicain pour la Défense de la Constitution du 30 mars 2016. Eux tous, ont peur de leur propre avenir politique si le président Touadéra va s’éterniser au pouvoir. Pourquoi c’est seulement un seul article de la Constitution du 30 mars 2016 (celui qui limite les mandats du président de la République) qui était au centre des discours des intervenants lors de ce meeting ? Est-ce vraiment pour l’intérêt commun du peuple centrafricain ?

Qui vous a dit que le Président Touadéra veut s’éterniser au pouvoir à travers la réécriture d’une nouvelle loi fondamentale de la République Centrafricaine ? Ce titre fera l’objet de notre prochaine analyse.

Stéphane Nino KEMBI