RCA – Nouvelle constitution fantôme (suite) – demandes de condamnation par la MINUSCA et de saisine du Conseil de Sécurité des Nations Unies pour dénoncer et faire annuler cette séquence référendaire constitutionnelle illégale et grotesque.
La non-disponibilité de la nouvelle constitution sur mesure du Président TOUADÉRA promulguée le 30 août 2023 est une injure au Peuple centrafricain et à toute sa classe politique.
Le ridicule se dispute à l’incompétence et à l’illégalité. Dans toute l’histoire de tous les pays, jamais il n’a été vécu un tel imbroglio juridique constitutionnel :
Conseil constitutionnel actuel illégitime depuis la révocation illégale de deux juges, dont sa Présidente le 24/10/2022, processus référendaire constitutionnel opaque et illégal, non-respect du Code électoral, campagne référendaire des pro «Oui » orchestrée par détournements de fonds publics par un pseudo organisme gouvernemental Direction Nationale de la Campagne pour le Référendum Constitutionnel (« DNCR ») aux ordres des pro « Oui », projet de nouvelle Constitution flou, incomplet, interprétatif, contradictoire, puis amendé illégalement la veille de la fin du processus électoral le 27 juillet, résultats des votes truqués, processus référendaire cautionné par une A.N.E. complice et aux ordres, nouvelle pseudo constitution promulguée depuis le 30 août, dont personne ne connait la version définitive et qui ferait encore l’objet d’arbitrages en vue de nouveaux amendements.
Le chaos et l’incompétence juridique continuent au vu et au su de tous.
Je rappelle que la MINUSCA a été mandatée, selon le préambule et le paragraphe 9 de la résolution n°2552 (2020) adoptée le 12/11/2020 par le Conseil de Sécurité des Nations Unies, pour permettre un dialogue républicain, la tenue d’élections locales, sans cesse reportées, puis prévues en juillet 2023 et une nouvelle fois reportées jusqu’à nouvel ordre pour se voir substituer la tenue de ce processus référendaire illégal qu’elle a cautionnée à tort.
J’attends toujours que la MINUSCA, dont le mandat et les fonctions comprennent l’appui au bon processus politique, l’aide à l’organisation, à la tenue, à l’assistance et la supervision de tous les processus électoraux dont référendaires, prenne ses responsabilités et dénonce enfin cette farce juridique pour ne pas se voir accusée de cautionner l’ensemble de cette mascarade, que son impartialité et sa crédibilité ne soient remises en cause. En outre, je demande aux chancelleries occidentales, parangon de la démocratie, si elles n’ont le courage de le faire directement auprès des autorités de RCA, par peur de se voir accuser d’ingérence dans les affaires intérieures, qu’elles saisissent le Conseil de sécurité des Nations Unies afin qu’elles dénoncent et fassent annuler toute cette séquence référendaire désastreuse.
Les Centrafricains se trouvent « plongés » dans une situation de confusion totale, avec une constitution fantôme, car nous ne savons toujours pas à ce jour quelle version de la constitution a été promulguée par le Président TOUADÉRA. Cette question étant de toute façon secondaire et accessoire, cette nouvelle constitution étant illégitime. Cette nouvelle séquence politique pour connaître cette nouvelle constitution fantôme n’étant qu’un nouvel épisode grotesque qui s’ajoute à l’ensemble de cette mascarade.
Pour ma part, je ne reconnais à ce jour qu’une seule Constitution, celle adoptée par consensus par notre pays le 30 mars 2016.
Bertin BÉA Grand Ouvrier Vice-président du parti politique centrafricain Kwa Na Kwa (KNK)
Ancien ministre et député de la République centrafricaine Twitter : @Bertin_BEA1 et @KwaNaKwa_RCA

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