L’affaire Guen s’est poursuivie le 30 janvier dernier à la Cour pénale spéciale avec le témoignage de Mexan Emmanuel Boibanda, appelé à comparaître à la demande du parquet et de certains avocats de la défense.
Lors de cette audience, la défense de Dieudonné Gomitoua s’est dite rassurée à la suite du témoignage de Mexan Emmanuel Boibanda, entendu à la barre.
Les déclarations de ce dernier ont apporté des éléments jugés déterminants par les avocats de la défense, qui estiment qu’elles contribuent à éclairer la Cour sur les circonstances réelles des faits reprochés à leur client.
Au cours de son audition, Mexan Emmanuel Boibanda, ancien député suppléant et ancien maire, a expliqué que lorsque le groupe Anti-Balaka dirigé par Edmond Béina voulait s’en prendre à des civils, Dieudonné Gomitoua était intervenu pour demander que leur vie soit épargnée.
Interrogé à l’issue de l’audience, l’avocat de Dieudonné Gomitoua s’est montré confiant.
Maître Albert Panda déclare :
« Bon, en tout cas, pour ce qui nous concerne, il a repris ce que mon client a toujours affirmé. Il a clairement indiqué que c’est Gomitoua qui, en tant qu’autorité, député suppléant du député Sambo à l’époque a pris l’initiative d’aller vers eux pour tenter de les raisonner. C’est ce que nous avons toujours soutenu depuis le début. Nous espérons que cela contribuera à clarifier notre position dans cette procédure. »
Pour la défense, ce témoignage constitue une avancée notable dans la manifestation de la vérité.
De nationalité centrafricaine, Mexan Emmanuel Boibanda est né le 26 mars 1972. Il est actuellement sous-secrétaire général de la sous-préfecture de Gadzi. Chrétien catholique, il est marié traditionnellement et père de sept enfants.
Au moment des événements de 2014, il était le suppléant du député Sambo Boniface, député de Gadzi 1, et résidait dans la ville de Gadzi. Son rôle consistait à rester proche de la population et à rendre compte à son titulaire.
Dans son témoignage, il a précisé n’avoir aucun lien de parenté avec les accusés. En revanche, il a indiqué connaître Mathurin Kombo, François, CB, Dieudonné Gomitoua et Edmond Béina, avec lesquels il vivait dans le même village.
En janvier 2014, la ville de Guen comptait environ 10 000 habitants, issus de communautés diverses, notamment Bogoto, musulmans (Arabes et Peuls), Banda et Gbaya.
Selon le témoin, la ville était alors plongée dans une insécurité totale, provoquée par les exactions des groupes Séléka. Il a enfin affirmé qu’Edmond Béina dirigeait les attaques et que, lors de leur arrivée, les assaillants ciblaient principalement les populations musulmanes.
Déus Gracias Tchémanguéré

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