Après plusieurs mois où il a été investi candidat pour la présidentielle 2020, Martin Ziguélé, président du MLPC présente à deux mois des prochains scrutins son projet de société. Dans une interview exclusive accordée au journal « L’Hirondelle », l’homme politique centrafricain dévoile son plan pour une sortie définitive de la crise.

L’Hirondelle (LHRD) : « Notre pays ne doit pas être le cœur malade de l’Afrique » c’est autour de ce slogan que vous lancez votre campagne pour la présidentielle 2020, comment comprendre cette affirmation ?

Martin Ziguélé (MZ) : La perte de Barthélemy BOGANDA avant l’indépendance à mon avis est un grand choc qui a déstabilisé de manière durable la gouvernance politique du pays. Les crises à répétition, la pauvreté, la baisse du niveau de vie des centrafricains constituent les maux qui gangrènent la RCA alors que d’autres pays parlent du développement, nous nous parlons encore de restructuration de l’autorité de l’Etat. C’est à cela que je m’engage pour que notre pays ne soit plus jamais le cœur malade de l’Afrique.   

LHRD : Dans le 1er point de votre projet de société, vous projetez former une armée professionnelle et de développement. Y a-t-il des liens entre cette vision et celle du chef de l’Etat basés sur l’armée de garnison ?

MZ : L’armée est la 3ème force destinée à protéger l’intégrité du territoire national. Aujourd’hui, nous n’avons pas cette capacité de réaction, donc il faut professionnaliser l’armée, la dépolitiser et la rendre vraiment républicaine. L’armée doit s’auto-suffire, être une armée de production pour une nation sécurisée et connectée.  

LHRD : Vous envisagez créer une administration de proximité comment comptez-vous y prendre ?

MZ : Nous sommes le seul pays au monde où lorsqu’on veut se procurer un document administratif, il faut nécessairement passer par le Ministère. Créer une administration de proximité revient à dire qu’on doit renouer les liens entre les citoyens de toutes les régions avec l’Etat. A titre d’exemple, favoriser l’accès des citoyens de nos régions aux documents administratifs sécurisés. C’est le combat du MLPC, c’est aussi notre combat si Dieu nous donne la chance d’accéder à la gouvernance de ce pays.

LHRD : Vous évoquez aussi la question du dialogue inclusif avec les forces vives de la nation, cette vision part-elle du constat selon lequel le régime actuel semble être fermé à la concertation ?

MZ : Je n’ai pas de jugement à porter au sujet de la gouvernance du régime actuel, puisqu’un régime arrive et puis s’en va. Il y a des sujets dans ce pays qui ne sont pas suffisamment débattus. A titre d’exemple, les questions de développement, de citoyenneté, de réconciliation nationale et de cohésion sociale…Tout n’est pas que politique en fait. Dans tous les pays du monde le débat est quotidien, sauf chez nous où il faut créer des assises spéciales pour parler de notre propre pays. Et cela pour une unité de vue et d’action commune.

LHRD : Vous préconisez renforcer le capital social humain, pourquoi mettez-vous un accent particulier sur les jeunes et les femmes ?

MZ : Mais c’est parce que 68% de l’effectif de la population centrafricaine a moins de 30 ans contre70% des femmes. Donc, favoriser le renforcement du rôle des femmes dans la société, c’est une évidence afin d’impliquer les jeunes et les femmes pour qu’ils savent combien ils sont importants pour le développement intégral du pays.  

LHRD : Pour finir, vous dites vouloir faire de ce pays un hub économique et socioculturel, par quelles méthodes ?

MZ : Ce pays est le cœur de l’Afrique, tout part de la République Centrafricaine qui est comme un carrefour de l’Afrique entière. Il faut être positif pour faire de notre pays le carrefour obligé du développement. Construire des infrastructures modernes pour un désenclavement intérieur et extérieur.  

LHRD : Martin Ziguélé, merci et bonne chance pour les futures élections !

MZ : Enchanté, à moi de vous dire ma gratitude et heureux jeu électoral à tous !

Interview réalisée par Cynthia Sangbaté avec Wilson Ngassan