Depuis quelques temps, le service de la Société de Distribution d’Eau en Centrafrique (SODECA) était absent de la ville de Bouar, située à 450 km de la capitale Bangui au nord-ouest du pays, à cause du manque des produits chimiques et le manque de fonds pour son fonctionnement.

Mais grâce aux appuis multiformes du Comité International de la Croix-Rouge (CICR), une organisation non gouvernementale qui œuvre depuis quatre années dans cette ville, la distribution d’eau recommence dans une quinzaine de quartiers de la place. Une mission du CICR dans la localité a permis de suivre l’évolution de la situation.

«L’eau c’est la vie » ! Cette idée semble être la pièce maitresse du CICR qui se soucie de la qualité d’eau qu’utilisent les habitants de certains quartiers à Bouar. Cette inquiétude conduit à des actions concrètes par une assistance en produit de purification des eaux, le renforcement du plateau technique de la SODECA en passant par la réhabilitation de certaines voix de distribution qui sont déjà endommagées par le passé à cause du conflit.

Ange Gremasseka,  montre la motivation de cette organisation : « depuis un moment, la SODECA avait des problèmes pour donner de l’eau à la population. Etant dans la ville, le CICR a jugé mieux de donner de l’eau potable à la population en appuyant la SODECA. En 2019, nous avons procédé au changement des grandes conduites qui quittent le château pour arriver au niveau du croisement Total. Cela fait trois kilomètres. Le CICR a également donné à la société de distribution d’eau des équipements pour les branchements sociaux pour 250 ménages et des produits de traitement d’eau ».

Un appui considérable pour Delmas Kamba, chef d’usine à la SODECA. Il salue la collaboration du CICR. « L’usine de la SODECA est en arrêt depuis un laps de temps par rapport au manque des produits chimiques vu qu’on ne peut pas envoyer de l’eau brut à la population, il faut traiter ces eaux avant d’envoyer à la population. Grace aux appuis du CICR qui ne manque de nous soutenir, il nous a remis des produits chimiques, de la chlore, la chaux et du sulfate etc. pour le traitement de l’eau avant la distribution. On a repris les activités dès la réception de l’appui du CICR qui nous donne également du carburant pour les activités de production de l’eau à l’usine », a expliqué ce dernier.

Toutefois, à la limite du possible, seulement 15 quartiers sont alimentés en eau dans cette ville de la Centrafrique qui compte au moins 71 quartiers.  Et ceci à défaut des moyens de la SODECA qui attend tout de ses bienfaiteurs. Au quartier la Vallée situé derrière le marché central de Bouar, l’eau reste une denrée rare. Mais grâce au CICR,  la SODECA est disponible toute proche des habitants de ce quartier qui se réjouissent.

Chancelle Ngoumba une jeune femme du secteur est venue puiser de l’eau. Elle est contente d’avoir de l’eau toute proche mais se plaint de la qualité de l’eau fournie par la SODECA et de l’irrégularité de l’eau de l’eau du robinet.

«Je suis contente que la SODECA ait repris la fourniture de l’eau à proximité mais nous nous plaignons seulement pour la régularité de son service. Il y a des jours où nous avons besoins de l’eau mais nous n’en trouvons pas et surtout le dimanche ou nous devons aller à l’église. Mais l’eau du SODECA ne vient pas les dimanches. Nous sommes obligés de parcourir une longue distance pour trouver de l’eau, nous avons encore de la chance parce que nous sommes en saison pluvieuse ».

Du côté du quartier Haoussa, un secteur non desservi, les habitants demandent pour leur part que des efforts soit faits pour qu’ils bénéficient également des services de la SODECA. Car les dommages sont un peu énormes de leurs côtés : « nous vivons des eaux de puits et de quelques forages qui sont disponibles dans notre secteur mais ce n’est pas suffisants pour toute la population du quatrième et le cinquième arrondissement. Et c’est depuis 2014 que nous vivons dans cette situation. Nous voulons bien avoir de l’eau potable ici pour nous soulager », a émis Aladi Alain Djamadou Aboubacar.

Belvia Esperance Refeibona