Le président de l’Union des Ressortissants du Grand Ouest Centrafricain (URGOC), Anselme Fulbert Badé, a prononcé Vendredi, 15 Mai 2026 des propos liminaires marqués par la gravité et l’urgence, lors d’un point de presse consacré aux conditions socio-économiques et environnementales de cette vaste région. Devant les professionnels des médias, les invités et les fils et filles du Grand Ouest, il a dressé un tableau sombre de la situation, dénonçant l’abandon, les souffrances et les injustices vécues par les populations locales.
Dès l’ouverture, Anselme Fulbert Badé a insisté sur le caractère citoyen et républicain de l’URGOC, organisation engagée pour la défense des intérêts sociaux, économiques et environnementaux du Grand Ouest. « Notre vision est claire : voir le Grand Ouest sortir de l’abandon, retrouver sa dignité et participer pleinement au développement national », a-t-il affirmé.
Il a salué la présence des médias, preuve que « la souffrance des populations mérite d’être entendue et portée devant l’opinion nationale ». Il a également félicité le président Faustin-Archange Touadéra pour sa reconduction à la magistrature suprême, ainsi que le bureau de l’Assemblée nationale et son président, Simplice Mathieu Sarandji.
Le président de l’URGOC a dénoncé l’existence de « deux réalités » : celle des bureaux climatisés de Bangui et celle des villages oubliés du Grand Ouest. « Un peuple souffre dans le silence pendant que certains parlent à sa place sans connaître sa vie », a-t-il martelé.
Selon lui, les populations vivent dans des conditions extrêmement difficiles : manque d’eau potable, absence d’électricité, insécurité alimentaire, pauvreté chronique et infrastructures inexistantes. « Le peuple du Grand Ouest a le sentiment d’être abandonné », a-t-il résumé.
Anselme Fulbert Badé a pointé du doigt la politique de nominations administratives et politiques. « On nous impose parfois des responsables qui ne connaissent même pas le chemin du village », a-t-il dénoncé. Pour lui, le développement ne peut se faire sans des responsables proches du peuple, capables de comprendre les réalités locales.
Il a illustré son propos par des exemples concrets : des femmes qui meurent faute de sage-femme, des routes impraticables qui isolent des localités entières, et des décisions prises par des élites déconnectées des souffrances quotidiennes.
Le président de l’URGOC a dressé un constat alarmant sur les structures sanitaires : inexistantes ou abandonnées, elles condamnent les populations à des conditions inhumaines. « Aujourd’hui, tomber malade dans certaines zones du Grand Ouest devient une condamnation », a-t-il déclaré.
L’éducation n’est pas épargnée. Des enfants étudient sous des arbres, faute d’écoles et de matériel pédagogique. « Quand l’école recule, l’avenir du pays recule », a averti Badé, soulignant que les enfants du Grand Ouest méritent les mêmes chances que ceux des autres régions.
La question des routes a occupé une place centrale dans son intervention. Pendant la saison des pluies, plusieurs localités deviennent totalement inaccessibles. Les commerçants souffrent, les agriculteurs perdent leurs récoltes et les malades ne peuvent être évacués. « Une région sans routes est une région emprisonnée », a-t-il lancé, appelant à une réhabilitation urgente des axes routiers.
Anselme Fulbert Badé a dénoncé les abus, intimidations et tracasseries administratives subies par les populations. « Le peuple veut être respecté. Le peuple veut vivre dans la dignité », a-t-il insisté.
Il a exprimé une profonde inquiétude face aux disparitions suspectes et aux soupçons de trafic d’organes humains dans certaines zones du Grand Ouest. L’URGOC demande des enquêtes sérieuses, transparentes et indépendantes. « Aucun silence ne doit protéger le crime », a-t-il martelé.
Le Grand Ouest possède des ressources naturelles importantes, mais les populations locales restent pauvres. Les forêts sont détruites, les terres exploitées sans contrôle suffisant et l’environnement menacé. Badé a dénoncé le pillage des richesses locales, dont les habitants ne bénéficient pas. « Le peuple ne doit pas être spectateur du pillage de ses propres richesses », a-t-il déclaré.
Malgré la gravité du constat, Badé a tenu à préciser que l’URGOC n’est pas une organisation de confrontation. « Nous voulons être un pont entre les populations et les autorités », a-t-il expliqué. L’organisation appelle à : Réhabilitation des routes, renforcement des structures sanitaires, meilleure politique de nomination, protection des populations contre les abus, enquêtes sérieuses sur les crimes, gestion transparente des ressources naturelles.
En conclusion, Badé a rappelé que le Grand Ouest ne demande pas des privilèges, mais simplement la justice, la dignité, l’écoute et le droit de vivre humainement. « Nos populations veulent vivre en paix. Nos jeunes veulent espérer. Nos villages veulent être considérés », a-t-il affirmé.
Il a assuré que l’URGOC continuera de porter cette voix avec responsabilité, courage et patriotisme. « Car défendre le Grand Ouest, c’est défendre l’unité et l’avenir de la République Centrafricaine », a-t-il conclu, avant d’invoquer la bénédiction divine sur la région et sur le pays.
Dieu Béni Anderson Kabou

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