À l’occasion de la Journée mondiale contre l’hépatite, célébrée le 28 juillet de chaque année à l’initiative de l’OMS et placée sous le thème « Comprendre la maladie pour la vaincre », le ministère de la Santé et de la Population a lancé un appel à la mobilisation de tous les acteurs. Le ministre, Dr Pierre Somsé, a demandé de renforcer la prévention, le dépistage précoce et la prise en charge des personnes atteintes d’hépatites virales.

Dans une déclaration officielle faite le lundi 27 juillet 2026, le ministère a rappelé que les hépatites virales, notamment les hépatites B et C, constituent un important problème de santé publique. Souvent silencieuses, ces maladies peuvent évoluer vers une cirrhose ou un cancer du foie lorsqu’elles ne sont ni dépistées ni traitées.

Dr Pierre Somsé s’est félicité du fait que, cette année 2026, les hépatites virales, comme toutes les maladies à potentiel épidémique, constituent l’une des priorités absolues de la sécurité sanitaire nationale et font l’objet d’une attention particulière de la part des autorités nationales.

« Nous avons des données aujourd’hui qui montrent que cette maladie est devenue une tragédie silencieuse. Les efforts du gouvernement et des autres partenaires ont commencé à porter leurs fruits, mais le défi reste énorme. Au cœur de notre priorité aujourd’hui, c’est la lutte contre l’ignorance. Je lance un appel à tous les experts qui travaillent dans leurs services pour sortir et aller vers les populations, afin d’informer ceux qui en ont besoin. C’est sous ce signe de mobilisation, de l’information contre l’ignorance que nous avons ouvert cet atelier qui inauguré les activités de la célébration de la journée mondiale de lutte contre les hépatites virales », a-t-il conclu.

Selon Dr Larissa Bertille M’bia Somsé, cheffe du service de lutte contre les IST, le VIH et les hépatites virales au ministère de la Santé, « Nous les considérons comme des acteurs très importants pour relayer les informations auprès de la population. Le message clé de cette année, « Comprendre mieux la maladie pour la vaincre », consiste à savoir ce que sont les hépatites, comment on les contracte et comment lutter contre cette maladie. C’est un véritable problème de santé publique en RCA, puisque le taux de prévalence est de 12,82 %, soit près de 13 %. Sur cent personnes, au moins 13 sont infectées », souligne-t-elle.

De son côté, le Pr Emmanuel Nakouné, directeur général de l’Institut Pasteur de Bangui, mentionne que « cette maladie continue de représenter un défi majeur de santé publique dans notre pays, sur le continent et dans le monde. Par ailleurs, le thème retenu nous rappelle avec force qu’il est désormais possible d’éliminer les hépatites virales comme menace pour la santé publique. Nous devons accélérer nos efforts afin de garantir un accès équitable au dépistage, à la vaccination, au traitement et aux soins pour toutes les populations. Les hépatites virales B, C et D sont responsables de plus d’un million (1 000 000) de décès dans le monde chaque année », a-t-il indiqué.

Pour Dr Gervais Folefack Tengomo, responsable des urgences de santé publique à l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), « La situation de cette maladie peut être améliorée grâce au dépistage précoce et à un meilleur accès aux soins. Pour atteindre cette ambition, plusieurs priorités doivent être renforcées, notamment l’amélioration de la vaccination contre l’hépatite B, le développement du dépistage chez les femmes enceintes afin de prévenir la transmission de la mère à l’enfant, l’intégration des services de prévention, de dépistage et de traitement des hépatites dans les soins de santé primaires, la garantie de la sécurité des injections et des transfusions sanguines, le renforcement des capacités des laboratoires et du personnel de santé et, enfin, la mobilisation des communautés pour lutter contre la stigmatisation et améliorer les connaissances de la population sur les hépatites virales. Le thème de cette année nous rappelle qu’une meilleure compréhension de la maladie est indispensable pour vaincre les hépatites. Informer, sensibiliser et combattre les idées reçues permettront davantage aux personnes de recourir au dépistage et aux services de santé sans crainte ni discrimination », a-t-il conclu.

Rappelons que le département de la Santé a également invité la population à adopter des comportements préventifs, notamment la vaccination, l’utilisation de matériel médical stérile, la sécurité des transfusions sanguines et le recours au dépistage, particulièrement pour les personnes les plus exposées.                           Freddy Ulrich Tanga