Depuis la suspension de l’aide budgétaire de la France à la Centrafrique, des raisons officielles n’ont pas été données en suspendant cette aide. Mais, la question de la présence russe ne cesse d’être évoquée. Que sait vraiment Oubangui Médias ?

« L’aide budgétaire française pour 2020,  a été annulée et est suspendue pour  2021 mais pourra être mise en œuvre si des signaux encourageants sont adressés », avait indiqué l’Ambassadeur de la France Jean-Marc Grosgurin dans une Interview à Oubangui Médias. 

Cette aide budgétaire s’élève à 10 millions d’euros, soit environs sept milliards de FCFA. Elle va directement dans la caisse du trésor public. Mais à côté de cet appui direct, la France contribue dans les secteurs tels que: humanitaire, éducation, santé, justice, infrastructures, économie, comme a souligné le diplomate français.

Signaux encourageants ?

Selon les informations Oubangui Médias, les raisons seraient liées au climat politique et géopolitique actuel à cause de la présence russe. Mais, la plus importante des raisons est celle liée à la campagne de désinformation contre la France en particulier et contre la communauté internationale en général.

Un diplomate proche de la France a confié à Oubangui Médias que : « Insulter la France et vouloir l’argent de la France sont deux choses totalement contradictoires ». En effet, depuis la montée en puissance de la diplomatie russe en Centrafrique à travers son appui à l’armée pour la libération du territoire, la relation semble affaiblir entre la Centrafrique et la France, son partenaire historique et stratégique. Des attaques de part et d’autres, dans les médias nationaux et internationaux n’ont pas favorisé un climat apaisé entre ces deux pays.

Pour des diplomates proches de la France, la Russie serait derrière la campagne de désinformation et de dénigrement ciblant la France et tous les intérêts français dans le pays. Mais de l’autre côté, il s’agit juste des Centrafricains eux-mêmes qui répondent aux multiples campagnes de désinformation que les médias français lancent depuis plusieurs années contre la Centrafrique.

La Centrafrique depuis quelques années fait face à une guerre de communication sans précédente. Elle qui s’est tournée vers la Russie pour faire face à une crise sécuritaire devenue chronique depuis 2013, n’aurait pas plu à certaines puissances étrangères, surtout que les instructeurs qui interviennent sont considérés comme des « mercenaires du groupe Wagner ». Cette présence avec des allégations de violation des droits de l’homme rapportées par des organisations indépendantes et médias occidentaux n’a pas favorisé un climat de confiance pour que le gouvernement français continue à donner son appui à la Centrafrique.

Aussi, selon des indiscrétions auprès des autorités nationales, l’intervention des conseillers russes aux côtés de la Douane Centrafricaine serait aussi l’une des raisons de la suspension de l’aide budgétaire de la France.

Quelles sont les conditions pour la reprise de l’aide budgétaire ?

L’apaisement du climat politique et l’atténuation de la campagne de désinformation contre la France et contre toute la communauté internationale seraient des conditions pour le rétablissement de l’aide budgétaire de la France.

Cette normalisation et l’apaisement du climat ne semble pas vraiment à l’ordre du jour, même si le président Faustin Archange Touadera avait annoncé la poursuite judiciaire contre les instigateurs de ces campagnes et des multiples marches de protestation, demandant le départ de la Minusca ainsi que celui de la France en Centrafrique.

La tension dans la communauté ne baisse pas toujours. Pour nombreux que nous avons côtoyé, la France devrait tout simplement revoir sa politique envers la Centrafrique. Depuis plus de 60 ans de coopération, la Centrafrique reste toujours le dernier des derniers pays francophones au monde.

Comment faire pour que cette coopération se normalise ? Là est la grande question car, le centrafricain ne sait pas à quand effectivement cette normalisation aura lieu même si la France pose comme condition l’arrêt de la désinformation contre elle en Centrafrique.

Fridolin Ngoulou