Le Président de la République Faustin Archange Touadera a lancé ce mercredi 28 avril 2021 à Bangui le Programme d’Appui au Développement Rural (DEVRUR II), financé par le Fonds Bekou de l’Union Européenne et exécuté par l’Agence belge de développement (ENABEL).

Ce programme de 4 ans, financé à travers Fonds Bekou à hauteur de 17.950.000 euros soit plus de 11,7 milliards de FCFA a été lancé en présence de l’Ambassadrice de l’Union Européenne Samuela Isopi, le président de l’Assemblée nationale Laurent Ngon Baba, le premier ministre Firmin Ngrebada et le chef de poste adjoint de l’Ambassade de la Belgique à Yaoundé Arthur Danethan.

Ce programme, présenté par Corine Niox, chef dudit projet, interviendra dans la capitale Bangui, dans les préfectures de la Nana-Mambéré de l’Ouham- Pendé, de l’Ouham, et de la Kémo. D’autres préfectures seront identifiées à la suite d’une analyse approfondie du terrain. Le projet DEVRUR II contribuera à la relance socio-économique, à travers la création d’«agropoles », des pôles de services destinés à appuyer le développement des activités agricoles, d’élevage afin de valoriser le potentiel agricole de la RCA.

A travers ce projet, Arthur D’Anethan dans son mot a déclaré que son pays, la Belgique reste concernée par le développement de la Centrafrique. « Le lancement de ce projet s’inscrit dans les sciage d’autres projets déjà portés par Enabel sur la gouvernance dans le secteur du diamant et de l’or mais également dans le domaine de l’appui à la consolidation de la démocratie. Avec ce nouveau projet, Enabel s’inscrit dans la durée pour la relance socio-économique selon les orientations stratégiques du gouvernement », a souligné Arthur D’Anethan.

Françoise Hennin, au nom du représentant résident du Bureau Enabel RDC -RCA, a rappelé que depuis 2019, Enabel est en Centrafrique pour le compte de l’Union Européenne et avec le gouvernement Centrafricain dans la construction de la stabilité et d’une paix durable en Centrafrique. « A la suite de nos engagements dans le domaine de la consolidation de la stabilité et de la paix, il nous a paru pertinent au vue de grandes potentialités que regorge la Centrafrique, de nous inscrire pleinement dans le processus permettant l’articulation étroite entre les actions humanitaires et le développement », a relevé Françoise Hennin.

L’ambassadrice de l’Union Européenne en Centrafrique, Samuela Isopi a précisé que DEVRUR II s’aligne sur les axes stratégiques fixés par le Gouvernement dans le Plan de relèvement et consolidation de la paix (RCPCA), et s’inscrit pleinement dans le cadre de la mise en œuvre effective de l’Accord politique pour la paix et la réconciliation et de la nouvelle Stratégie de l’Union européenne avec l’Afrique.

« Malgré un contexte socio-économique toujours très fragile et complexe, le secteur agricole constitue un domaine stratégique clé pour favoriser l’emploi et la cohésion sociale, renforcer la sécurité alimentaire et nutritionnelle et réduire la pauvreté de la très grande majorité des Centrafricains. Son potentiel reste encore largement inexploité », a fait, remarquer l’Ambassadrice de l’Union européenne pour qui, « le relèvement et le développement du secteur agricole peuvent et doivent offrir des dividendes de la paix tangibles aux communautés » car « donner des perspectives alimentaires et économiques aux populations vulnérables et aux jeunes en particulier, réduit le risque qu’ils s’enrôlent dans des groupes armés et contribue ainsi à diminuer les conflits et stabiliser le pays ».

Cette nouvelle action du Fonds Bekou qui vise également à créer des opportunités pour les jeunes, principaux bénéficiaires de ce projet à travers la promotion et la formation aux métiers ruraux s’inscrit dans la vision du chef de l’Etat. Malgré le contexte sécuritaire encore difficile, le président Touadera a salué les actions de l’Union européenne qui n’a pas cessé d’apporter ses appuis pour la reconstruction du pays.         

« Ce programme dont nous procédons au lancement est le résultat de la mise en œuvre de l’Accord Politique pour la Paix et la Réconciliation du 6 févier 2019. Je me réjouis des dispositions prises pour donner également aux bénéficiaires de ce programme l’accès aux ressources complémentaires pour entreprendre leurs activités aux termes de la formation, un volet aussi important qui a toujours manqué dans les différents programmes mis en œuvre dans ce secteur. Je saisi cette occasion pour féliciter l’Agence belge de développement et les acteurs impliqués dans la configuration de ce programme innovent », a déclaré le président Faustin Archange Touadera.

Pour le Président, « ouvrir des bonnes perspectives d’avenir pour la jeunesse nécessite une synergie des interventions auprès des bénéficiaires et une parfaite collaboration entre les acteurs. Il s’agit avant tout de consolider la sécurité et la paix qui s’instaurent progressivement avec l’appui de la Minusca, des FACA et des forces alliées. Après la bataille de la pacification du territoire, nous devons nous attaquer tous à la question de la réhabilitation et d’aménagement des infrastructures rurales pour la relance des activités économiques ».

Un potentiel économique

Les conditions naturelles de la République centrafricaine sont très favorables au développement du monde rural. Le pays dispose de 15 millions d’hectares de terres arables dont près de 5% seulement sont cultivées chaque année, alors qu’en moyenne, moins de 0,5 hectares sont exploités par actif agricole.

Les terres de pâturage sont estimées à 16 millions d’hectares de superficie, dont seulement 9 millions d’hectares sont exploitées pour un cheptel estimé à 3,7 millions de têtes de bovins.

Le Fonds Bêkou, Fonds multi-bailleurs (UE, Allemagne, France, Italie, Pays-bas et Suisse) créé par l’Union européenne pour appuyer la résilience de la République centrafricaine, a déjà mobilisé plus de 67 milliards de FCFA en faveur de la relance économique depuis sa création en 2014.

Malgré un contexte socio-économique toujours très fragile et complexe, le secteur agricole constitue un domaine stratégique clé pour favoriser l’emploi et la cohésion sociale, renforcer la sécurité alimentaire et nutritionnelle et réduire la pauvreté de la très grande majorité de la population centrafricaine.

Le DEVRUR II « ouvrir des perspectives d’avenir/Mungo légué ti kékéréké » veut s’inscrire dans la dynamique de ce développement.

Fridolin Ngoulou