Situé à une trentaine de kilomètre sur l’axe Boali, le village Batayanga compte plus de 5.000 habitants selon une autorité locale. L’unique établissement scolaire dudit village compte au total 780 élèves du CI au CM2 pour trois salles de classes. Les responsables sont obligés de regrouper deux sections par salle.

C’est un bâtiment de plus de 10m et de quatre pièces dont le bureau du directeur. Ces salles de classe sont dotées de moins de 15 tables bancs chacune.

Lors d’une visite inopinée dans ce village le dimanche 31 mars dernier, Oubangui Médias a échangé avec l’un des enseignants de cet établissement. Même-si cette source n’a pas souhaité livrer son identité, elle nous a expliqué que l’établissement ne dispose pas des matériels didactiques et d’enseignants qualifiés. Les élèves s’assoient à même le sol, selon notre source.

Pour ce responsable, ces élèves doivent verser 200 FCFA par mois, mais c’est difficile pour les parents de contribuer régulièrement : « Depuis le mois d’octobre à ce jour, nous totalisons 5 mois d’arriérés, c’est seulement au mois de janvier qu’on a donné 10.000 FCFA à chaque enseignant»

Initialement, ces enseignants volontaires doivent percevoir un peu plus. Au début on donnait 25.000 FCFA le mois à chaque enseignant.

Il faut noter que les élèves qui sont admis au concours d’entrée en 6e n’arrivent pas à terminer leurs études à cause de la distance entre le village Batayanga et le lycée Gbaloko qui est situé au pk 14 toujours sur l’axe Boali.  Cette source plaide pour la création d’un collège dans ce village afin de permettre à leurs enfants d’étudier surplace. Puisque cette distance est souvent à l’origine de la déperdition scolaire de leurs enfants.

Il est important de souligner que malgré que le village Batayanga dispose des ressources naturelles comme le bois, mais les élèves dudit village et ceux des villages environnent comme Boura 1, 2 et 3 peinent à jouir de la richesse de leur localité. Ils manquent de tables bancs.

L’éducation est le socle de développement, si le Sénégal est ce qu’il est aujourd’hui en termes de capital humain, c’est grâce à l’éducation. Cette situation de Batayanga proche de Bangui est le prototype de la condition de précarité des élèves de l’intérieur du pays.

Christian Stève SINGA