L’Etat Centrafricain a cédé le 17 septembre 2021 une part importante de ses actions à la GBFI. Quels sont les enjeux de cette fusion dans ce contexte économique fragile pour la Centrafrique?

Pour les observateurs de la finance centrafricaine la cession le 17 septembre 2021 des 34% du capital de la Commercial Bank de Centrafrique (CBCA) sur les 80% que détiennent l’Etat centrafricain à la Banque Gabonaise et Française Internationale (BGFI) n’était pas une surprise.

Le dossier était préparé de longue date entre l’institution bancaire et le Gouvernement. Il s’agit d’une opération stratégique de BGFI Bank, premier groupe bancaire de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC) qui possède un chiffre d’affaires de 3.000 milliards de FCFA (5,3 milliards de dollars) en 2020.

L’enjeu de cette cession est grand pour la République Centrafricaine qui veut faire de la CBCA avec l’augmentation de son portefeuille grâce à BGFI Bank, « la première banque qui accompagnera toutes les entreprises et les opérateurs économiques dans le cadre du financement pour le développement économique de la République centrafricaine ». Il s’agit donc d’une aubaine pour la Centrafrique pour relancer sa croissance tomber « à 0,4 % en 2020 » alors qu’elle était à « 4,5 % en 2019 ».

Déjà présente dans onze pays (Bénin, Cameroun, Congo, Côte d’Ivoire, France, Gabon, Guinée Equatoriale, Madagascar,  République Démocratique du Congo, Sao Tomé-et-Principe et Sénégal), la CBCA en République Centrafricaine devient la 12e filiale du groupe BGFI. Dirigée par Henri-Claude Oyima dont le siège social est au Gabon, la banque a célébré cette année son cinquantenaire et a pour ambition de « franchir d’ici 2025, la barre de 5000 milliards de total bilan annuel ».

S’agissant de la Commercial Bank Centrafrique (CBCA), elle a vu le jour en 2000 après la privatisation de l’Union Bancaire en Afrique Centrale (UBAC). Société anonyme de droit centrafricain avec un capital de 10 milliards de FCFA, elle dispose de trois agences à Bangui et les deux autres reparties entre Bouar et Berberati. Cette fusion lui permettre d’augmenter son capital de 10 milliards de FCFA de plus.

Fridolin Ngoulou