Le jeudi 25 juin 2026, l’Association des femmes magistrats et juges de Centrafrique, avec l’appui de l’ambassade de France, a organisé la cérémonie de remise des certificats aux bénéficiaires du programme de tutorat du projet Wali Na Ndia. Plus qu’un simple événement académique, cette rencontre a marqué une étape décisive dans la promotion de la gouvernance inclusive et le renforcement des capacités des futures professionnelles du droit en République centrafricaine.

Le projet Wali Na Ndia, lancé il y a deux ans, vise à encourager les étudiantes en droit à embrasser la carrière de la magistrature. Sur 75 apprenantes accompagnées, 11 ont obtenu une moyenne comprise entre 10 et 13 lors du concours blanc organisé en guise de pré-test. Ce résultat, loin d’être une fin en soi, constitue un indicateur prometteur pour l’avenir.

Brigitte Izamo, magistrat hors hiérarchie et présidente de l’association, a rappelé que ce projet est né d’une volonté claire : « augmenter le quota des femmes dans la magistrature, mais aussi parmi les greffières et avocates ». Elle a insisté sur la nécessité de poursuivre l’encadrement et de stimuler la préparation des candidates pour le concours officiel d’entrée à la magistrature.

Parmi les récipiendaires, Carole Touadera, étudiante en master 1 en relations internationales à l’Université de Bangui, a partagé son expérience avec émotion. Elle a décrit les épreuves du pré-test, allant du droit pénal général aux questions de culture générale sur la désinformation et les médias. « Bien que je n’étais pas tuttée, j’avais plus de tutrice et compétir pour moi, c’est génial. Mais ça me fait plaisir aujourd’hui d’être parmi les trois premières. »

Carole envisage désormais d’embrasser pleinement la carrière judiciaire. Elle a aussi livré un conseil frappant à ses camarades : « Ne plus se confier à l’intelligence artificielle lors des examens. Le mieux est de faire des recherches personnelles et de travailler intellectuellement. »

Sébastien Boutreau Bonne Terre, attaché de coopération à l’ambassade de France, a souligné l’importance de ce projet dans le cadre de la coopération franco-centrafricaine. Pour lui, la justice doit refléter la société dans toute sa diversité :

« On ne marche que sur deux jambes. Il nous faut des femmes magistrates et il faut qu’elles soient bien formées. »

Il a rappelé ses conseils d’enseignant expérimenté : lire attentivement le sujet, préparer ses idées, exposer clairement et se relire. Des conseils simples mais essentiels pour réussir. Enfin, il a assuré que l’ambassade continuera à appuyer d’autres projets visant à promouvoir la diversité sociale et le développement centrafricain.

Brigitte Izamo a détaillé le chemin parcouru par l’association et ses partenaires. Le tutorat mis en place avec l’Université de Bangui a permis aux étudiantes de se préparer aux différentes épreuves du concours : culture générale, droit pénal, droit administratif et droit civil.

Elle a insisté sur le fait que ce concours blanc n’était qu’un stimulant : « Rien n’est encore perdu. Toutes ont encore leur chance. Nous les encourageons vivement à ne pas baisser la garde. »

Malgré l’absence du garde des Sceaux, retenu par une mission urgente, la cérémonie s’est déroulée dans une atmosphère de fierté et de détermination. Les résultats, bien que variés, témoignent d’un potentiel réel et d’une volonté forte de ces jeunes femmes de s’imposer dans un domaine longtemps dominé par les hommes.

La remise des certificats n’est pas seulement une reconnaissance académique. Elle symbolise un pas vers une justice plus représentative et inclusive en Centrafrique. Le projet Wali Na Ndia illustre comment l’éducation et l’accompagnement ciblé peuvent transformer des ambitions en carrières solides.

En encourageant les femmes à embrasser la magistrature, l’association et ses partenaires posent les bases d’une société où la justice reflète mieux la diversité et les aspirations de ses citoyens.

Les bénéficiaires du projet Wali Na Ndia, à l’image de Carole Touadera, incarnent cette nouvelle génération prête à relever les défis.

Comme l’a rappelé Sébastien Boutreau Bonne Terre, « tout le monde a le mérite qu’il va obtenir par son travail ». Et ce travail, déjà amorcé, ouvre la voie à une justice plus équilibrée et plus forte.

Dieu Béni Anderson Kabou