La saison sèche s’annonce avec beaucoup de perturbation des factions armées par endroit, malgré que leurs capacités aient été considérablement réduites par les Forces Armées Centrafricaines (FACA), leurs alliés russes, rwandais mais aussi les forces onusiennes de la Minusca.

Après la tentative de prise de pouvoir le 23 janvier 2021, une contre-offensive a été lancée par les forces loyalistes pour non seulement repousser les rebelles de la Coalition de la Patriotes pour le Changement (CPC) mais aussi réduire leurs capacités de nuisance. Plus de deux ans aujourd’hui, l’armée et ses alliés ont repris le contrôle de toutes les grandes villes du pays jadis occupées durant plus de 9 ans par de nombreux groupes armés, dont 14 ont été signataires en 2019 de l’Accord Politique pour la Paix et la Réconciliation Nationale (APPR), avec comme engagement de désarmer leurs troupes.

Sauf qu’éparpillés dans la brousse, ces anciens rebelles se transforment en coupeurs de route et continuent de s’attaquer principalement à la population civile. Ils profitent de l’accès difficile à cause de la dégradation des routes pour opérer et s’en prendre à la population ou aux forces de défense et de sécurité.

Attaques des véhicules de commerce, des villages, pillages des greniers, braquage des commerçants, embuscade contre les forces nationales et la Minusca, telles sont les nouveaux modes opératoires de ces bandes armés en Centrafrique. Ils sont non loin du terrorisme. Ils ajoutent à cela des cas d’exécution sommaire et de toute autre violation de droit international humanitaire.

Ces derniers jours, dans plusieurs localités, ces groupes armés se sont servis sur le dos des civiles, tout en s’attaquant aux convois des forces de défense et de sécurité.  A vrai dire, ces bandes armées restent une menace mais dépourvus de tout objectif. Elles se battent pour survivre.

Des principaux leaders aujourd’hui en exils ne contrôlent plus réellement leurs éléments sur le terrain. Juste cette semaine à 36 Km de Ippy au centre et même à 20 Km de Baoro à l’ouest, des bandes armées sont sorties pour vider les villageois de leurs réserves. Ils ont dépossédé les religieux vers Baoro de tout ce qu’ils avaient, alors qu’ils revenaient d’une conférence annuelle à Bouar. Ils en ont profité pour exécuter sommairement trois gendarmes et le fils du commandant de Compagnie, en véhicule civile pour Bangui.

Quelques leaders de ces groupes armés contactés par le billait de leurs porte-paroles disent ne pas reconnaitre ni donner l’ordre à des éléments de s’attaquer aux civiles. En effet, le commandement de ces groupes armés est aussi fragilisé. Si beaucoup de leaders se contentent de respecter leurs engagements contenus dans la feuille de route de Luanda, sur le terrain, des éléments tentent de se reconstituer pour mener des assauts contre les forces de défense et de sécurité ou soit contre la population civile. Le danger est que s’ils sont réellement incontrôlés, la situation sécuritaire ne sera pas vraiment contrôlée aussi.

Les centrafricaines se demande pour quel intérêt ces bandes armées constituées à majorité des mercenaires se battent encore sur le terrain ? Prendre le pouvoir par les armés, c’est à l’heure actuelle difficile de réussir. Occuper les zones minières pour les exploiter tout en instaurant la terreur? C’est peut-être le principal objectif de ces groupes armés qui continuent à écumer le peuple centrafricain.

Alors que doit faire l’armée ?

Comme nous l’avions dit dans l’une de nos analyses, l’armée doit rester sur ses gardes. Elle ne doit pas céder à la distraction, surtout la ruer vers les mines d’or. Elle doit s’investir pour protéger la population civile et non seulement les exploitants des mines et leurs machines.

Pour les forces onusiennes, il est aussi temps de renforcer la collaboration dans le cadre des opérations conjointes sur le terrain. Les forces onusiennes doivent beaucoup plus anticiper les attaques contre les civiles.

Un renforcement de la logistique de l’armée sera un pas important pour faire face à toutes les éventualités. L’armée ne doit pas jouer à la défensive mais à l’offensive pour contraindre le reste des groupes armés à désarmer.

L’objectif aujourd’hui est de pousser tous les groupes armés à désarmer avant tout dialogue avec les leaders. Même si déjà le gouvernement a enregistré un nombre important des dissidents de ces groupes armés, cette politique doit être maintenue afin d’arriver à désarmer tous les supplétifs des groupes armés dans le pays.

Ces derniers jours, des progrès significatifs ont été réalisés dans le cadre des opérations de désarmement des groupes armés dans le pays.

C’est ainsi que les éléments de l’Armée de Résistance du Seigneur (LRA) de l’ougandais Joseph Kony installés en Centrafrique depuis 15 ans ont été tous désarmés et rapatriés dans leur pays d’origine.

Le même sors doit être réservé aux mercenaires tchadiens, soudanais, nigériens et bien d’autres recrutés dans les groupes armés en Centrafrique.

Le gouvernement doit maintenir la priorité de faire de la Centrafrique un pays sans groupe armé. C’est pourquoi, l’armée doit être bien traitée sur le terrain, bien encadrée et équipée pour faire face aux attaques des groupes armés qui changent au fur et à mesure leurs modes opératoire.                                    

  Fridolin Ngoulou