Paru en janvier dans « Dynamique Femme », le Magazine féminin du Groupe Oubangui Médias

Biochimiste de formation et entrepreneure passionnée, Fane Farida Faouzi, 25 ans, s’est frayé une place dans la cosmétique artisanale à Bangui. Avec ses savons naturels conçus à partir de plantes locales, elle mise sur la qualité, l’éthique et l’innovation pour bâtir une marque qui valorise les savoirs centrafricains et inspire la jeunesse.

Installée au quartier Lakouanga dans le deuxième arrondissement de Bangui, son petit atelier, on respire l’odeur chaude du beurre de karité et la fraîcheur du moringa. C’est ici que tout se crée, des savons naturels, conçus à partir de plantes locales comme le moringa, le curcuma, la spiruline, le zeste d’orange ou encore le charbon actif.

Un parcours façonné par la science et la curiosité Issue de la République centrafricaine, où elle a fait ses études primaires, Fane Farida Faouzi poursuit son parcours secondaire et universitaire au Cameroun. Titulaire d’un baccalauréat D en 2020, elle se destine d’abord à la médecine, avant qu’une découverte ne fasse basculer sa trajectoire à la biochimie. « La biochimie, c’est vaste. Je me suis rendue compte que je pouvais être utile dans plusieurs domaines : santé, nutrition, agroalimentaire ou cosmétique… » Explique-t-elle.

Une formation en cosmétique, entamée dès sa première année universitaire, lui crée une ambition sur ce qu’elle peut créer elle-même. Très vite, elle expérimente chez elle, tente des dosages, teste sur sa propre peau abîmée pendant la saison sèche. Et ça marche. C’est le début de Fariam Chimtech, son entreprise. Une fabrication artisanale exigeante.

Fane Farida Faouzi fabrique ses savons selon un processus maîtrisé notamment corps gras, acides, saponification, additifs naturels. Rien n’est laissé au hasard. « Un bon savon demande des dosages précis. On voit souvent ça comme quelque chose de simple, mais c’est toute une science. » Dit-elle. Son approche est éthique : aucun produit éclaircissant, zéro additif chimique, une priorité à la qualité, à la peau saine et aux besoins réels. « Je ne fais pas de produits qui changent la peau des gens. Je veux résoudre des problèmes, pas en créer. » insiste-t-elle.

Une microentreprise qui veut devenir grande Fane travaille avec deux collaborateurs, dont une stagiaire devenue véritable assistante, capable d’assurer les formations en son absence. Elle forme aussi des jeunes, convaincue que l’entrepreneuriat doit être un espace de transmission. Les défis sont nombreux à savoir les matières premières instables, les ruptures fréquentes, les problèmes d’électricité, les variations de prix.

Mais la jeune femme ne se décourage pas. « Peu importe les difficultés, ma production doit marcher », dit-elle simplement. Ses savons sont vendus entre 1 000 et 1 500 FCFA, en formats individuels, coffrets ou douzaines destinées à la revente. Le bouche-à-oreille a fait le reste et les clients sont fidèles et les retours, fréquents et positifs. Fane Farida FaouzI Biochimiste « Pourquoi ne pas devenir la première productrice d’un savon 100 % centrafricain de qualité ? lance-t-elle avec un sourire confiant.

Des projets ambitieux pour demain À court terme, Fane Farida Faouzi prépare la sortie officielle d’une troisième gamme, un savon classique, abordable, inspiré des produits populaires du marché, mais avec une meilleure qualité. À long terme, elle voit plus grand c’est à dire elle veut industrialiser sa production, créer un laboratoire modernisé, accompagner les femmes et jeunes qui transforment déjà des produits locaux, travailler sur la qualité et le packaging, souvent négligés en Centrafrique.

Fane Farida Faouzi place sa confiance dans le potentiel de la jeunesse centrafricaine. Pour elle, le changement débute par une prise de conscience personnelle. Elle encourage les jeunes à rejeter la facilité et l’imitation, pour plutôt investir dans la formation, l’apprentissage et la découverte de leur propre chemin. « La vie facile est éphémère. Ce qui perdure, c’est ce que l’on construit soi-même », affirme-t-elle avec conviction. Ce message traduit sa détermination et sa clarté d’esprit. À travers son parcours et son engagement dans l’entrepreneuriat, Fane Farida Faouzi incarne cette génération montante de jeunes femmes qui, progressivement, participent à transformer l’entrepreneuriat en République centrafricaine. Fane Farida Faouzi couronnée à la troisième édition du Consommons Local Cette jeune femme, a déjà vu son parcours couronné à un très haut niveau.

Lors de la clôture de la Campagne Consommons Local, organisée par la Fédération des Associations des Femmes Entrepreneures de Centrafrique (FAFECA) dont elle est membre, le Président de la République, le Professeur Faustin Archange Touadera, lui a remis deux prix : Le Prix Cosmétique et Étoile d’Or pour la marque du Savon Farida – FAOUZI Farida. Elle devient la première à recevoir ce prix de la FAFECA.

Milca Bissidi

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