La société civile du secteur minier de la République Centrafricaine (SCSM-RCA) a fait mercredi dernier le bilan de ses activités avant de plaider pour la levée de la sanction qui pèse sur l’exportation du diamant centrafricain.
Plusieurs aspects ont été soulignés afin que les autorités puissent améliorer leur travail. Entre autres, le contexte de la sanction de la RCA par le Processus de Kimberley (PK), qui pèse sur la République centrafricaine depuis le coup d’Etat de la coalition Seleka en 2013.
Selon le coordonnateur Josey Stéphane Poukesserandji, le Gouvernement Centrafricain a négocié et obtenu du PK un cadre opérationnel pour la reprise des exportations de diamants bruts en juin 2015, qui est une feuille de route, destinée à aider à la levée de sanction et à la reprise des exportations des diamants bruts centrafricains. Après le retour à l’ordre constitutionnel en Mars 2016, en principe, la sanction devrait être levée, mais malheureusement cette sanction perdure.
Malgré les progrès et acquis constatés sur le terrain, les efforts consentis par la RCA dans la mise en œuvre de ce Cadre Opérationnel, rien n’a évolué depuis un certain temps, pour des raisons géopolitiques et géostratégiques. Cette suspension perdure en dépit de multiples demandes de levée de sanction sur certaines Sous-préfectures (zones) qui ont répondu aux critères de validation du cadre opérationnel, formulées depuis 2020.
Selon la société civile du secteur minier, lors de la dernière session plénière du PK de novembre 2023 au Zimbabwe, la RCA a introduit une demande de levée totale de sanction en utilisant une décision administrative de la « Procédure écrite » qui comporte deux phases : Problème débattu au Groupe de travail de Monitoring (WGM), sans consensus et la seconde sera par voie de vote des 59 participants.
L’autre point soulevé par la RCA est la recomposition de l’équipe de suivi de la RCA (CAR-MT) pour mauvaise collaboration, manque de coopération dans la préparation et la présentation du dossier centrafricain, et le dernier est l’envoi de la mission d’examen avant le 31 janvier 2024. Ceci en vue d’aplanir la divergence d’interprétation entre la République Centrafricaine et l’équipe de suivi sur la situation qui prévaut réellement en Centrafrique. Cette décision n’a pas été réalisée. Enfin, pour avoir une idée claire sur l’état de la situation de la RCA, le Président du PK a décidé d’effectuer une mission de travail en RCA, principalement à Bangui, Bouar, Berberati et Bria.
La mission de travail de Son Altesse, Ahmed Bin Sulahem, Président du Processus de Kimberley en République Centrafricaine du 12 au 15 Février 2024 est une opportunité que la RCA doit exploiter lors de la prochaine session à savoir : les acquis sécuritaires ; la libre circulation des biens et des personnes ; la cohésion sociale qui sont les conditions inscrites dans le cadre opérationnel.
Pour le Processus de Kimberley, il en va de la crédibilité du PK que le « CAR monitoring Team » organise, en toute urgence, une mission d’évaluation en RCA afin d’évaluer avant la prochaine session.
Josey Stéphane Poukesserandji coordonnateur s’explique davantage: «Nous exhortons les différents pays membres de PK à appuyer le « CAR Monitoring Team », en considérant le statut de membre fondateur de la RCA et l’esprit de consensus qui ont toujours guidé cette institution. Les multiples reports injustifiés de la mission d’examen du Processus de Kimberley en République Centrafricaine depuis 2021, ne sont pas dus à l’insécurité, mais plutôt à la volonté de certains pays de maintenir la RCA continuellement sous sanction mais pour contourner ces verrous, la SCSM_RCA suggère au Gouvernement Centrafricain et au Processus de Kimberley quelques pistes de solutions. La République Centrafricaine pourrait solliciter lors de l’intersession du processus de Kimberley de Mai 2024, une équipe technique composée des pays disponibles à participer à une mission d’examen».
Les conséquences, elles sont catastrophiques sur la population. La dépravation des mœurs, la mortalité infantile, la déscolarisation des enfants ; manque de structure de santé sans oublier la crise de confiance que cela entraine entre le Gouvernement et son peuple.
Les infrastructures routières sont en mauvais états et l’accès à l’eau potable reste un défi majeur. Si la sanction du PK est maintenue sur l’exportation des diamants bruts, les Objectifs du Développement Durable que prône les Nations Unies resteront une Chimère pour la République Centrafricaine. Voilà pourquoi, la SCSM-RCA plaide pour la levée totale de sanction du PK sur les diamants bruts centrafricains.
Dorcas Bangui Yabanga

Commentaires récents