Le 10 mars 2026 marque la deuxième journée de mobilisation organisée par l’Institut Pasteur de Bangui. Des lycéennes venues des établissements de Gobongo, Miskine, Fatima et Martyrs ont été conviées à un échange davantage orienté vers les connaissances utiles pour comprendre les risques sanitaires, prévenir les maladies et mieux protéger leur santé au quotidien.

La journée a d’abord ouvert une fenêtre sur un domaine encore peu connu du grand public : l’entomologie médicale. À travers cette intervention, les élèves ont découvert que l’étude des moustiques n’est pas un sujet abstrait, mais une question directe de santé publique dans un pays confronté au paludisme.

Les échanges ont permis de déconstruire plusieurs idées reçues, notamment sur la durée de vie des moustiques, le rôle des femelles dans la transmission du paludisme et l’importance de l’hygiène environnementale pour limiter les gîtes larvaires autour des habitations.

Un autre temps fort a porté sur la santé mère-fille, avec un message clair : une grossesse précoce ne doit pas nécessairement signifier la fin d’un parcours scolaire, mais elle nécessite un accompagnement, un suivi médical et un soutien social renforcé. Les intervenants ont rappelé l’importance des consultations prénatales pour prévenir les complications graves et protéger à la fois la mère et l’enfant.

La journée a également abordé un sujet encore entouré de silence : l’hygiène menstruelle. Les échanges ont insisté sur une idée simple mais essentielle : les règles ne sont ni une maladie ni une honte. Elles relèvent d’un enjeu de dignité, de santé et de maintien à l’école.

Un autre volet important a concerné la prévention des cancers féminins, notamment le cancer du col de l’utérus, présenté comme l’un des cancers les plus meurtriers chez les femmes en République centrafricaine après le cancer du sein. Les participantes ont été sensibilisées aux facteurs de risque, au rôle du papillomavirus humain (HPV), aux signes d’alerte ainsi qu’à l’importance du dépistage précoce.

Enfin, les discussions ont rappelé que la santé des filles ne peut être dissociée de leur protection contre les violences basées sur le genre. Les messages ont insisté sur la vigilance collective, la nécessité de parler, de signaler les abus et de mieux faire connaître les dispositifs d’aide existants.

La remise symbolique de kits d’hygiène menstruelle est venue prolonger cette sensibilisation par un geste concret en faveur de la santé, de la dignité et de la continuité scolaire des jeunes filles participantes.

À travers cette deuxième étape d’échanges, l’Institut Pasteur de Bangui rappelle une évidence souvent négligée : mieux informer les adolescentes sur leur corps, leur environnement et leurs droits, c’est déjà faire avancer la prévention.

Freddy Ulrich TANGA