Depuis plusieurs années, la population centrafricaine fait face à une menace de plus en plus préoccupante. Cette menace est liée aux mauvais comportements de certains éléments des Forces armées centrafricaines (FACA). Cette situation devient de plus en plus inquiétante pour la sécurité des citoyens. Le gouvernement centrafricain est appelé à prendre ses responsabilités afin de ramener la sécurité et la quiétude au sein de la population.

Récemment, un incident s’est produit dans la nuit du samedi 4 au dimanche 5 avril dans le 6ᵉ arrondissement de Bangui, au quartier Sapéké, au bord de la grande route à proximité du pont.

D’après un témoin, un adjudant-chef des FACA, circulant à moto et accompagné d’un sergent ainsi que d’un civil, en provenance de Bimbo, a percuté un jeune homme qui roulait également à moto en direction du centre-ville. Après le choc, le jeune homme est tombé, tandis que les trois individus sont allés s’arrêter de l’autre côté du pont Sapéké.

Pensant qu’ils revenaient pour constater l’état de la victime, les témoins ont été surpris de voir le sergent se mettre à tabasser le jeune homme. Lorsque des habitants ont tenté d’intervenir, le sergent s’en est également pris à eux.

Tout cela s’est déroulé en présence de l’adjudant-chef, qui n’est pas intervenu pour calmer la situation. Le sergent est même allé jusqu’à endommager la moto du jeune homme, toujours au sol. Des habitants ont alors appelé les gendarmes basés de l’autre côté du pont afin de rétablir l’ordre, mais sans succès.

Selon les témoins, le sergent aurait répété à plusieurs reprises devant les gendarmes que s’il avait son arme sur lui, il aurait assassiné les personnes présentes. Il aurait même lancé : « Si cela ne vous arrange pas, allez voir Touadéra », avant de remonter sur sa moto et de quitter les lieux.

Face à de telles maltraitances, comment la population peut-elle collaborer avec les porteurs de tenue pour leur fournir des informations ? Dans ces conditions, certains militaires prennent pour cible une population civile sans défense.

Ce genre d’abus d’autorité ne serait pas un cas isolé. Selon plusieurs témoignages, ces pratiques se répètent régulièrement et leurs auteurs agissent souvent sans crainte de sanctions. Plus frustrant encore, même lorsque certains sont traduits devant la justice, ils retrouvent parfois leur liberté après quelque temps.

Il arrive également que des militaires radiés des FACA changent d’identité pour intégrer d’autres corps de sécurité, comme la police ou la gendarmerie, avec la complicité de certains responsables. D’autres circulent armés dans des lieux publics, notamment dans les bars ou les quartiers, où ils s’érigent parfois en policiers, gendarmes, douaniers ou agents des eaux et forêts pour régler des litiges qui ne relèvent pas de leur mission.

Pourtant, leur rôle principal est d’assurer la défense du territoire et la sécurité de la population. Dans certains cas, ils interviendraient contre rémunération pour régler des différends, tandis que les cas de braquages dans certains quartiers alimentent également les inquiétudes de la population.

Face à cette situation, beaucoup s’interrogent sur l’avenir du pays si de tels comportements persistent. Il devient parfois difficile pour un citoyen de contester un militaire, même lorsqu’il est dans son droit. L’État centrafricain est donc appelé à revoir le système de recrutement des forces armées, notamment en renforçant les enquêtes de moralité afin de distinguer les candidats intègres de ceux qui ne le sont pas.

Aujourd’hui, une partie de la population affirme être exaspérée par les comportements de certains militaires. Autrefois, la présence des forces armées rassurait les habitants ; aujourd’hui, pour certains, elle suscite plutôt la peur. Des militaires seraient impliqués dans plusieurs cas de meurtres, de braquages et de violences.

Pourtant, lors de la cérémonie d’investiture du président Faustin-Archange Touadéra, ce dernier avait ordonné le rétablissement de la paix et de la sécurité sur toute l’étendue du territoire. Il avait également promis une politique de tolérance zéro contre l’impunité.

Cependant, sur le terrain, de nombreux citoyens estiment que la violence et l’anarchie persistent. Ces incidents seraient fréquents dans la capitale Bangui ainsi que dans d’autres villes du pays. La population dénonce régulièrement ces faits, mais attend toujours des réponses concrètes pour mettre fin à ces dérives.

Certains craignent qu’à force d’accumulation, ces abus ne finissent par provoquer une révolte populaire. Il est donc temps pour les hautes autorités de prendre leurs responsabilités, car la population a besoin de sécurité et de paix pour vaquer librement à ses occupations.                                       

  Rédaction