La Commission Vérité, Justice Réparation et Réconciliation (CVJRR), par la voie de sa présidente Me Edith Douzima, a présenté le jeudi 28 décembre dernier, un projet de tenue d’une première audience publique aux organisations de la société civile et les associations des victimes.
La République Centrafricaine (RCA) se prépare pour la tenue d’une première audience publique afin de traiter d’une manière générale sur la nature, l’ampleur et les conséquences des graves évènements intervenus dans le pays, depuis les années 1958.
Me Edith Douzima, présidente de la CVJRR : « Nous envisageons organiser notre première audience publique en 2024, nous sommes dans les préparatifs et nous avons donc élaboré des formulaires, des fiches de dépositions comme cela se passe devant les juridictions nationales…L’objectif de cet atelier est que les victimes puissent s’approprier, comprendre de quoi il s’agit et se préparer en conséquence. Nous allons aussi à l’occasion avoir un cadre de collaboration formelle avec les organisations de la société civile et en particulier les associations des victimes. Nous n’allons pas travailler seules, les victimes sont nos premiers partenaires. Parce qu’on ne peut pas parler de justice, s’il n’y a pas de victime, des personnes qui ont subi des préjudices».
L’essentiel dans ce projet est d’élaborer un mapping et une cartographie du mouvement de la Seleka et des Antibalaka de 2012 à 2016, collecter les témoignages des victimes et témoins, auditionner les victimes, les témoins et les présumés auteurs, faciliter la visibilité du mandat et des missions de la CVJRR et mobiliser la participation des victimes et des témoins au processus d’établissement de la vérité…
La porte-parole des victimes, Evodie Francine Ndemande, donne son appréciation sur l’initiative de la CVJRR de présenter le formulaire de saisine du projet de tenue d’une première audience publique en associant les victimes : « Je crois qu’il y a des préalables à envisager pour préparer la population et les victimes. Nul n’ignore qu’aujourd’hui, qu’on côtoie nos bourreaux. Il est important que cela soit pris en compte, des dispositions pratiques de la protection des victimes ».
Le souhait de la représentante des victimes est de voir les victimes au centre de tout ce que la CVJRR doit faire : « Associé les victimes à tous ces travaux qui sont en train de se préparer concernant le formulaire de saisine qui sera présenté. On a aussi des fiches d’identification qu’on travaille depuis au début lorsqu’on a mis en place nos associations. Nous allons aussi apporter notre contribution voir quels sont les séries de questionnements, qu’ensemble, qu’on puisse valider et mettre en valeur pour cette audience publique », a-t-elle insisté.
Il est à rappeler que, la CVJRR n’est pas une juridiction, la RCA va expérimenté pour la première fois la justice transitionnelle qui est une nouveauté afin de chercher des solutions aux problèmes, viols et autres crimes commis dans le pays pour permettre à la population d’être au courant de ce qui s’est passe dans le temps ancien.
Zarambaud Mamadou

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