À l’occasion de la célébration de la Journée mondiale des sages-femmes, célébrée ce 5 mai 2026, notre rédaction a rencontré madame Yingo Clémence, présidente des sages-femmes du district de Bimbo. Au cours de cet entretien, elle a mis en lumière le rôle essentiel des sages-femmes dans le système de santé, tout en évoquant les défis quotidiens auxquels ces professionnelles de santé sont confrontées.
Oubangui-Médias : Bonjour madame Clémence. Le monde célèbre chaque 5 mai la Journée mondiale des sages-femmes. Parlez-nous de ce métier.
Clémence Yingo : Oui, bonjour monsieur le journaliste. Le métier de sage-femme est un métier vraiment noble qui doit se faire par vocation. Ce n’est pas un métier que l’on exerce juste pour gagner sa vie. Il faut que cela vienne du cœur parce que vous sacrifiez votre vie pour celle des autres. Les femmes enceintes qui viennent ont souvent des problèmes, et vous devez être à la fois conseillère, infirmière et accompagnatrice auprès d’elles.
Oubangui-Médias : Bénéficiez-vous de l’appui du gouvernement dans l’exercice de votre fonction ?
Clémence Yingo : C’est le gouvernement qui m’a envoyée ici, dans ce district, pour faire ce travail. Mais le défi aujourd’hui, c’est le manque de personnel. Pour tout l’hôpital du district de Bimbo, nous ne sommes que quatre sages-femmes, alors que nous sommes sollicitées dans plusieurs services. Il y a la maternité, les consultations prénatales, les consultations postnatales, la planification familiale ainsi que le service de prise en charge des violences basées sur le genre, qui doit également être encadré par une sage-femme.
Oubangui-Médias : Quelles sont les difficultés que vous rencontrez dans l’exercice de votre fonction ?
Clémence Yingo : Nous faisons face à beaucoup de difficultés, notamment le problème d’effectif et les conditions de travail. Je consulte les femmes enceintes en même temps que les victimes de violences basées sur le genre, et je fais également les gardes à la maternité. C’est un travail très lourd. Je reçois au moins une cinquantaine de femmes par jour, entre les consultations et le programme de garde.
Oubangui-Médias : Disposez-vous normalement des outils de travail nécessaires ?
Clémence Yingo : Oui et non. Nous recevons parfois des outils de travail, mais avec le nombre de patientes que nous recevons chaque jour, ces équipements ne suffisent pas. Par exemple, les appareils de prise de tension ou les réactifs pour les bilans prénataux ne couvrent pas les besoins des cinquante femmes enceintes que nous recevons quotidiennement. Et si ces examens ne sont pas réalisés, cela peut entraîner davantage de décès maternels.
Oubangui-Médias : Quel est votre message à l’endroit des autorités compétentes ?
Clémence Yingo : Je demande au gouvernement de procéder à une répartition équitable du personnel soignant sur toute l’étendue du territoire. Nous constatons que certains services disposent de beaucoup de personnel pour peu de travail, tandis que d’autres manquent de personnel malgré une forte charge de travail. Il faut mettre les sages-femmes dans de bonnes conditions afin qu’elles puissent fournir un meilleur rendement.
Oubangui-Médias : Je vous remercie madame Clémence.
Clémence Yingo : Je vous remercie monsieur le journaliste.
Freddy Ulrich Tanga

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