Des jeunes centrafricains ont à nouveau inventé un robot. Cette fois-ci, ce robot performant, fabriqué à base des objets recyclés peut sensibiliser sur la nécessité de la protection de l’environnement. La présentation au public a eu lieu samedi 11 mai 2024  à l’Alliance française de Bangui, en présence de l’Ambassadeur de France à Bangui, Bruno Foucher.

Ressortissants du lycée technique de Bangui d’une part et encore élèves, des jeunes centrafricains essayent de se performer dans le domaine de la robotique en Centrafrique. Même si ce domaine n’est visiblement pas une priorité pour beaucoup, ces jeunes veulent présenter une autre image de la Centrafrique, longtemps meurtrie par des années sombres des crises.

Bemolinda Lamine Thierry Junior, inventeur, chercheur, titulaire de deux brevets d’invention nous donne ses motivations à percer dans ce domaine : « La motivation c’est de parler positivement de mon pays à travers la technologie ainsi que de promouvoir la technologie centrafricaine. Tout ce qui est utilisé pour ce robot, c’est 50% centrafricain et 50% ivoirien. Mon rêve d’enfance c’est d’aider les gens à concevoir, à créer et à rendre la vie de tout le monde paisible ».

En effet, le robot Mama Africa a été créé avec l’appui de l’Université ivoirien Félix Houphouët Boigny. Le promoteur était en Côte d’Ivoire pour participer au Salon des Inventeurs, organisé par l’OAPI. C’est là que le réseau a été créé avec une chercheure de cette université, qui a admiré le premier robot Exaucia.

De Exaucia à Mama Africa, une nette évolution est observée, comme a dit à l’Oubangui Médias Bemolinda Lamine Thierry Junior. « Les logiciels de Mama Africa sont développés en Centrafrique par des jeunes centrafricains. Ils ont développé le projet d’intelligence artificielle malgré qu’en Centrafrique, il n’existe aucune école ou université dans laquelle on apprend l’intelligence artificielle. Mama Africa interagit avec les gens. Tout est développé ici en Centrafrique. L’aspect esthétique a évolué. Donc, il y a l’apport technologique et l’apport de modélisation et conception », explique-t-il.

Par ailleurs, Exaucia était fait à base d’un logiciel préfabriqué et qui a connu une légère modification.

Travaillant sur le climat avec son partenaire ivoirien, Thierry Junior  a souligné que le robot Mama Africa va contribuer à sensibiliser sur le climat qui est menacé à l’heure actuelle. «  Mama Africa est fabriquée à base de objets recyclés. L’idée est que si ce qu’on utilise pour détruire l’environnement nous conscientise, cela va nous amener à plus réfléchir. C’est pourquoi ce robot sensibilise la population à la nécessité de préserver l’environnement et de lutter contre le changement climatique ».

Ces jeunes aujourd’hui réunis dans une fondation ont l’ambition d’aller plus loin afin de présenter le génie centrafricain aux yeux du monde. Cependant, il leur manque des moyens financier et d’accompagnement, surtout en termes de formation afin de relever ce défi. Ils ont lancé à travers cette présentation un appel au gouvernement, à la communauté scientifique et à toutes les bonnes volontés de les épauler à porter haut leur vision.

Fridolin Ngoulou