Depuis déjà quelques temps, les prix des denrées alimentaires exportés et des produits de première nécessité ne cessent d’augmenter en Centrafrique. Face à cela, la population amoindrie se plaint et s’inquiète de son lendemain.

En effet, après les récentes crises sécuritaires de 2021 qui ont secoué la ville de Bangui, les prix de certains produits alimentaires importés comme la farine, l’huile et le sucre très consommés à Bangui ne cessent d’augmenter. Entre-temps, cela s’explique par la fermeture des frontières et la crise socio-sanitaire due au coronavirus. Mais à la sortie de la crise à coronavirus et la crise sécuritaire du Centrafrique, les frontières sont ouvertes, or le prix des marchandises sur le marché fluctue de temps à autre et comme s’il n’y a personne pour régulariser.

Dans un passé récent, le litre d’huile se vendait à 750 Francs CFA et le sac de 25 kg de la farine se vendait à 16 000 Francs CFA. Mais présentement, toutes ces marchandises ont doublé de prix voire triplé. Le sac de farine de 25 kg se vend  maintenant à 40 000 Francs CFA et le litre d’huile à 2 000 Francs CFA. Cette hausse des prix fragilise de plus en plus la population qui n’a pas assez de moyen pour assurer sa survie. Difficile pour certains ménages de joindre les deux bouts face à cette flambée de prix.

Ce qui est inquiétant le plus dans cette situation, est que l’on ne connait pas vraiment les raisons qui ont poussé au changement immédiat et sans issue. Est-ce par rapport à la crise humanitaire de l’Ukraine ? Certainement que la réponse sera  « NON » puisque la crise en Ukraine n’a aucun lien avec la hausse du prix des produits exportés en Centrafrique. Certes que le prix des produits est légèrement modifié à travers le monde mais le cas de Bangui pousse à se poser un certain nombre de questions.  N’est-ce pas une spéculation de la part des commerçants? N’y a-t-il pas une étude pour bien nous situer sur ce point ?

Si nous allons plus loin, c’est toujours à la même période que nous assistons à ces mêmes spectacles. Souvent pendant le mois de ramadan, le prix des produits augmente pour chuter quelques temps après que le « jeûne » finisse. Est-ce dire que le marché centrafricain est rythmé par le mouvement des commerçants musulmans et libanais qui sont les principaux acteurs économiques ? Si le pays ne dispose d’aucune entreprise de production locale qui peut couvrir les besoins de sa population, pourquoi l’État n’envisage-t-il pas  un stockage alimentaire qui peut couvrir au moins une période de six (06) mois  en termes de réserve et prévenir d’éventuelles crises?

Présentement,  l’on peut prétendre qu’il n’y a pas de crise pour le moment. Alors pourquoi ne pas chercher à pallier ce problème par le simple fait de réguler le prix de ces marchandises sur les marché ? Car il suffit que l’on sillonne certains marchés de la place pour s’assurer que les prix divergent d’un lieu à  un autre et d’un marché à un autre.

D’ailleurs le centrafricain se sent déjà affaibli  sur plusieurs domaine sociaux. Tant de désespoir dans ce pays affecté  par tous les maux. Il  n’y a pas assez de pouvoir d’achat (1 dollar par jour), il n’a pas une vie de confort et même l’accès aux soins sanitaires de qualité demeure un véritable problème pour ne citer que ceci. Il est alors important de faire en sorte qu’au moins le marché soit favorable pour permettre de joindre les deux bouts, parce que si le prix des produits importés augmente, c’est comme une chaîne qui entraînera  l’augmentation des produits locaux. Il est temps que les autorités compétentes en la matière agissent pour garantir le bien être de la  population. Belvia Esperance Refeibona