La Représentation de la Banque mondiale en République Centrafricaine compte mettre au moins 27,7 milliards de FCFA (50 millions de dollars US) dans les dépenses liées au paiement de salaire dans sept départements ministériels sociaux, a confié à Oubangui Médias, le Représentant Résident de la Banque Mondiale Guido Rurangwa. Une opportunité immense, selon le ministre centrafricain de la fonction publique et des réformes administratives, Marcel Djimassé.
Selon la Banque Mondiale, cet appui concerne le ministre de l’éducation nationale; le ministère de l’enseignement supérieur; le Ministère de la santé publique et de la population, le ministère de l’agriculture et du développement rural ; le ministère de l’élevage et de la santé animale, le ministre de la promotion de la femme et de la famille et le ministère de l’action humanitaire et de la solidarité nationale.
« Comme vous pouvez le constater, ce projet concerne les ministères qui délivrent des services sociaux ou répondent aux besoins de base de la population. Cette sélection a été faite par le Gouvernement. Le coût de cette action est estimé à 50 millions de dollars US. Si tout se passe bien, il sera présenté au Conseil d’administration de la Banque mondiale au mois d’avril 2023 », a confié à Oubangui Médias, le Représentant Résident de la Banque mondiale Guido Rurangwa.
En effet, le gouvernement a lancé depuis juin 2022 les opérations de toilettage du fichier des fonctionnaires et agents de l’Etat. Cette volonté aurait joué en faveur de cet appui attendu de la Banque mondiale, l’un des gros partenaires de la République Centrafricaine.
Peut-on dire que cette action s’inscrit dans le cadre des opérations de contrôle physique des fonctionnaires et agents de l’Etat ? Le Représentant Résident de la Banque Mondiale répond : « Les opérations de contrôle physique des fonctionnaires et agents de l’Etat ont été réalisées par le Gouvernement centrafricain et nous saluons cette action qui s’inscrit dans le cadre de la transparence budgétaire. Toutefois, la fiabilisation en cours du fichier de la paie sera importante pour réduire les risques fiduciaires liés à la gestion de cette opération ».
Une opportunité, selon le ministre Marcel Djimassé
Le ministre de la Fonction Publique et des Réformes Administratives a salué l’appui de la Banque mondiale à l’égard de la République Centrafricaine : « C’est une immense opportunité pour le gouvernement centrafricain. Nous sommes dans un pays qui malheureusement connait des tensions de trésorerie. 27,7 milliards de FCFA sur l’année, cela correspond à 2,3 milliards FCFA par mois. L’ensemble de salaire du personnel civil avoisine 3,3 milliards de FCFA. Donc, c’est les 2/3 du personnel civil qui pourraient être supportés par cet appui.
Pour le membre du gouvernement, la Banque mondiale a accepté adresser ce fonds aux ministères sociaux mais il n’est pas impossible que le gouvernement puisse négocier que cet appui soit élargi à d’autres départements.
« Dans tout le cas, lorsque quelqu’un vient prendre en charge une partie des dépenses du foyer par exemple, c’est toujours une bénédiction parce qu’il te restera qu’une partie des dépenses à supporter par tes propres moyens », ajoute le ministre Marcel Djimassé.
A quand la reprise de l’aide budgétaire ?
Les aides budgétaires à la Centrafrique ont été suspendues depuis 2020. A cette suspension viennent s’ajouter les conflits armés qui ont paralysé l’économie du pays ainsi que la guerre en Ukraine qui a eu de répercussions sur les pays à économie faible comme la Centrafrique. Face à cela, le gouvernement a réduit son budget en 2022 avant d’adopter un budget dit « réaliste », sans inclure dans ce budget les lignes liées aux appuis budgétaires externes.
Pour sa part, la Banque mondiale souligne que les discussions avec le gouvernement continuent. « La reprise de l’aide budgétaire exige un cadre macroéconomique adéquat, la mise en œuvre d’un programme de réformes, et la transparence budgétaire. Nous encourageons le gouvernement à poursuivre les efforts déjà consentis dans ce sens », a confié le Représentant Résident Guido Rurangwa.
Ce financement vise à atténuer les effets de la crise mondiale sur les finances publiques. C’est un soutien aux efforts de réforme entreprise par les autorités pour améliorer la gouvernance, la mobilisation des recettes et la gestion des finances publiques. L’appui de la Banque mondiale pourrait ainsi créer les conditions d’une stabilisation de la trésorerie de la République Centrafricaine.
Fridolin Ngoulou

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