La démocratie et l’État de droit constituent les fondements de tout État, et donc du système étatique centrafricain. Ce sont eux qui garantissent nos droits et libertés. Cependant, à eux seuls, ces mécanismes ne sont pas suffisants pour garantir le respect des droits de chaque personne ni assurer la sécurité juridique et une paix sociale. Or ceux-ci sont, sans doute des indicateurs du fonctionnement de la démocratie et de l’État de droit. Mais, au regard de la tension entre le pouvoir et l’opposition, peut-on dire que le principe démocratique est respecté ?

La question de la réécriture d’une nouvelle constitution centrafricaine défraie les chroniques depuis plusieurs semaines à travers le pays. Cette épineuse problématique qui divise la classe politique a engendré des querelles qui, vraisemblablement pourraient fragiliser la paix peu retrouvée. Si le président de la République Faustin Archange Touadéra dit avoir pris acte de la volonté du peuple pour la réforme constitutionnelle, l’opposition démocratique de son côté s’aligne derrière le peuple pour faire obstacle à ce projet. Dans la rue, l’on s’interroge lequel peuple les deux font allusion pour agir en son nom ?

La démocratie comme son nom l’indique, est une forme de gouvernement dans laquelle la souveraineté appartient au peuple ; Etat ainsi gouverné. Même l’article 25 de la constitution du 30 mars 2016 en dit long. Donc les principes démocratiques auraient voulu que les aspirations du peuple doivent être au cœur des actions des dirigeants. Force est de constater que ceux qui agissent au nom de ce peuple priorisent leurs intérêts politiques au détriment de ceux à qui ils sont redevables.

La flambée des prix des denrées alimentaires et les produits de première nécessité, la pénurie du carburant, l’accès à l’eau potable et l’électricité sont les vrais problèmes auxquels le peuple fait face. Seule la question de la rédaction d’une nouvelle constitution préoccupe le pouvoir en place. Des enveloppes sont sorties de partout pour financer des manifestations soit pour soutenir l’initiative de la réécriture d’une nouvelle constitution soit pour faire obstacle à ce projet. Comment peut-on expliquer que les populations ne mangent pas leur faim alors que la Centrafrique est un pays à forte potentialité agricole, géologique et minière ? ET si ces enveloppes sont orientées pour développer le secteur de l’agriculture et de l’élevage ? 

Avec cette tension autour du projet de la rédaction d’une nouvelle constitution, l’on assiste à des dérives totalitaires entre les partisans du OUI et de NON de ce projet. Des cas d’agression verbale ou physique, la chasse aux sorcières des propos haineux de part et d’autre. Or, le concept d’État de droit s’oppose à la notion de pouvoir arbitraire. Ce concept désigne un État dans lequel la puissance publique est soumise aux règles de droit. Le peuple commence déjà à s’inquiéter de sa situation. 

Avec la mise en place du pouvoir constituant, comité chargé de rédiger la nouvelle constitution, le gouvernement est déjà en avance dans sa démarche. Malgré tout, l’opposition démocratique multiplie des actions pour contrecarrer ce projet. Mais avec quel moyen ?            

Pétrus Namkoina