(Agence Ecofin) – Bien que démentie par les gouvernements des pays dans lesquels il opère, la présence du Groupe Wagner en Afrique ne fait plus de doute aux yeux de nombreux observateurs. Depuis, les pays occidentaux multiplient les sanctions contre l’organisation qu’elles accusent de violer les droits humains.

Le Royaume-Uni a déployé des sanctions contre les responsables et alliés du groupe paramilitaire Wagner dans 3 pays africains. L’annonce a été faite par les autorités britanniques, dans un communiqué publié le jeudi 20 juillet.

Les sanctions visent au total 13 individus et entités accusés par Londres d’être « responsables du chaos et de la violence en Afrique ». L’objectif est de limiter la liberté financière de ces personnalités et entreprise en « empêchant les citoyens, les entreprises et les banques britanniques de traiter avec eux, tout en gelant leurs avoirs au Royaume-Uni et en interdisant leurs déplacements ».

Au Mali et en RCA notamment, trois hauts responsables du groupe de mercenaires qui auraient délibérément pris des civils pour cible lors de leurs opérations ont été visés, dont le « bras droit » d’Evgueni Prigojine. Au Soudan, les sanctions ont ciblé au moins 5 autres entreprises et individus impliqués dans des activités qui menacent la paix et la stabilité, notamment par des campagnes de désinformation et la fourniture d’équipements militaires, apprend-on.

Cette annonce intervient après que le Groupe Wagner, accusé d’être le bras armé de Moscou en Afrique, est entré en conflit ouvert avec le gouvernement russe il y a quelques semaines. Evguéni Prigojine était en effet entré en rébellion armée contre le Kremlin dans la soirée du vendredi 23 juin après avoir accusé l’armée russe d’avoir mené des frappes meurtrières sur des camps de ses combattants en Ukraine. Vingt-quatre heures plus tard, il a ordonné à ses hommes qui marchaient sur Moscou de retourner dans leurs bases afin « d’éviter un bain de sang », à la suite d’une médiation du président biélorusse Alexandre Loukachenko.   

Après la fin de la mutinerie, M. Prigojine a dans une vidéo, appelé ses hommes à « rassembler leurs forces pour un nouveau voyage en Afrique ».

« Le groupe Wagner commet des atrocités en Ukraine et agit en toute impunité dans des pays comme le Mali, la République centrafricaine et le Soudan. Partout où il opère, Wagner a un effet catastrophique sur les communautés, aggrave les conflits existants et porte atteinte à la réputation des pays qui l’accueillent », a souligné Andrew Mitchell, ministre britannique du Développement et de l’Afrique. Et d’ajouter que « ces sanctions dénoncent des individus méprisables, qui ont commandité des violations du droit international humanitaire, les obligeant à rendre compte des graves préjudices qu’ils infligent à des civils innocents à des fins de profit financier ».

Moutiou Adjibi Nourou