La capitale centrafricaine a accueilli ce Mardi 13 Janvier 2026, la première réunion du Comité de Pilotage du projet BIOFIN, couplée à un atelier de collecte et de validation provisoire des informations dans le cadre de l’élaboration du rapport de l’Analyse des Politiques et des Institutions (API). Cet événement marque une étape cruciale dans la mise en œuvre de l’Initiative de Financement de la Biodiversité en République Centrafricaine, lancée le 30 septembre 2025 avec l’appui du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD).

La République Centrafricaine, pays enclavé d’Afrique centrale, est dotée d’une richesse biologique exceptionnelle. Ses forêts denses du sud, ses savanes du nord, ses zones humides et ses cours d’eau abritent une faune et une flore remarquables, comprenant des espèces emblématiques telles que les éléphants de forêt, les gorilles des plaines occidentales et les chimpanzés. Pourtant, cette biodiversité est aujourd’hui menacée par la déforestation, le braconnage, l’exploitation minière, l’agriculture sur brûlis, les conflits armés et la pauvreté.

À ces pressions s’ajoute un défi majeur : le sous-financement chronique du secteur de l’environnement. En 2025, le budget national alloué à la protection de la biodiversité est resté très faible, dépendant largement de l’aide internationale. Cette insuffisance limite la mise en œuvre de politiques efficaces de conservation, de surveillance et d’éducation environnementale. De plus, la faiblesse institutionnelle et l’instabilité politique compliquent l’accès aux financements internationaux tels que le Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM) ou le Fonds Vert pour le Climat (FVC).

C’est pour répondre à ces défis que le projet BIOFIN a été introduit en RCA. Il vise à analyser les politiques et institutions existantes, identifier les besoins réels de financement, mobiliser de nouvelles ressources et optimiser celles déjà disponibles, afin de bâtir un Plan National de Financement de la Biodiversité.

Lors de l’ouverture de la réunion, Mactar Fall, représentant résident adjoint du PNUD, a salué l’engagement du gouvernement centrafricain : « C’est pour moi un grand honneur et un réel plaisir de prendre la parole au nom du PNUD ce jour à l’occasion de la première réunion du Comité de Pilotage du programme BIOFIN et de l’Atelier de collecte d’informations dans le cadre de l’Analyse des Politiques et Institutions de la République Centrafricaine en matière de biodiversité. »

Il a rappelé que la RCA dispose d’un patrimoine naturel exceptionnel, reconnu au-delà de ses frontières, qui constituent un levier stratégique pour le développement économique et la résilience des populations. Mais il a aussi souligné les menaces multiples qui pèsent sur cette biodiversité : déforestation, exploitation non durable, conflits, changement climatique et pauvreté.

Selon lui, le défi majeur reste le sous-financement du secteur, malgré son importance pour la sécurité alimentaire, la création d’emplois et l’atteinte des Objectifs de Développement Durable. C’est dans ce contexte que s’inscrit l’Initiative BIOFIN, déjà mise en œuvre dans plus de 90 pays.

« En République Centrafricaine, le lancement de BIOFIN en septembre 2025 constitue une étape décisive, car cette initiative vise à analyser de manière rigoureuse les cadres politiques et institutionnels, à évaluer les dépenses existantes en faveur de la biodiversité, à identifier les besoins réels de financement et à proposer des mécanismes innovants, durables et adaptés aux réalités nationales. »

Prenant la parole au nom du gouvernement, Célestin Dendji, Directeur de cabinet du ministère de l’Environnement et du Développement Durable, a exprimé sa gratitude envers le PNUD : « Je voudrais, avant tout propos, adresser au nom du Gouvernement de la République Centrafricaine, et au nom du Ministre en charge de l’Environnement et du Développement Durable, Monsieur Thierry Kamach, mes remerciements sincères au Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) pour son appui constant à notre pays, et en particulier pour l’accompagnement technique et financier ayant permis le lancement effectif de l’Initiative de Financement de la Biodiversité, BIOFIN, le 30 septembre 2025. »

Il a rappelé que la RCA est un pays à biodiversité exceptionnelle, mais fortement menacée par la déforestation, le braconnage, l’exploitation minière non durable, l’agriculture extensive sur brûlis, l’instabilité sécuritaire et la pauvreté structurelle. À cela s’ajoute l’insuffisance des ressources financières dédiées à la biodiversité.

Face à ce constat, le gouvernement a fait le choix stratégique de placer la biodiversité au cœur des politiques publiques, en lien avec les engagements internationaux, notamment le Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal et les Objectifs de Développement Durable.

« La réunion qui nous rassemble aujourd’hui revêt une importance capitale à double titre. Premièrement, elle permet d’opérationnaliser le Comité de Pilotage du projet BIOFIN, instance stratégique chargée d’orienter, de superviser et d’assurer la cohérence des analyses et des réformes à venir. Deuxièmement, l’atelier de consultation et de validation provisoire de l’Analyse des Politiques et des Institutions constitue une étape clé du processus BIOFIN. »

Il a insisté sur le caractère participatif et inclusif de cet exercice, rappelant que la biodiversité n’est pas l’affaire exclusive du secteur de l’environnement, mais concerne l’ensemble des acteurs publics, privés et communautaires.

La première réunion du Comité de Pilotage du projet BIOFIN et l’atelier de collecte d’informations à Bangui marquent une étape décisive pour la République Centrafricaine. En mobilisant des financements innovants, en renforçant la gouvernance environnementale et en impliquant l’ensemble des parties prenantes, le pays entend inverser la tendance actuelle et préserver son patrimoine naturel exceptionnel. Les discours de Mactar Fall et de Célestin Dendji ont réaffirmé la volonté commune du PNUD et du gouvernement centrafricain de faire de la biodiversité un pilier du développement durable.

Dieu Béni Anderson Kabou