Le monde entier a célébré le jeudi 1er décembre la journée internationale de lutte contre le SIDA, une maladie qui fait rage dans le monde depuis des années. Célébrée autour du thème : « égalité maintenant », le directeur pays de l’ONUSIDA en Centrafrique Chris Fontaine a rapporté mercredi dernier à la presse le message de la directrice exécutive de l’ONUSIDA Winnie Byanyama. Son message porte  sur l’inégalité, un facteur qui empêche la lutte contre le Sida dans le monde.

Voici l’intégralité de son discours :

Mes ami.e.s,

« Aujourd’hui, souvenons-nous des plus de 40 millions des vies perdues à cause de SIDA. C’est aussi le moment de faire le point sur la riposte au SIDA et de nous engager à mettre fin au Sida. Cette semaine, l’ONUSIDA a publié un rapport sur « les inégalités dangereuses ». Dans ce document, nous attirons l’attention du monde sur une réalité difficile : notre retard actuel pour mettre fin au SIDA d’ici 2030, retard imputable aux inégalités. Mais voici une bonne nouvelle : en poussant pour l’égalité, nous pourrons mettre fin au SIDA.

Premièrement : nous devons pousser pour l’égalité des femmes et des filles pour réduire leurs risques de VIH.

En Afrique subsaharienne, les adolescentes et les jeunes femmes ont trois fois plus de risques d’être infectées par le VIH que les garçons et les hommes du même âge. Ce constat incombe aux inégalités. Permettre aux filles de finir leur scolarité secondaire peut réduire de moitié leur vulnérabilité à une infection au VIH. Fort de ce constat, 12 pays africains se sont réunis au sein de l’initiative Éducation Plus qui jouit du soutien des Nations-Unies. Par ailleurs, nous devons combiner les services de santé sexuelle et reproductive avec des services de prévention et de riposte à la violence sexuelle et sexiste au VIH.

Deuxième : nous devons pousser pour l’égalité en faveur des personnes marginalisées.

La discrimination à l’encontre des personnes marginalisées nuit à la riposte au VIH. De manière générale, les gays et autres hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes ont 28 fois plus de risques de vivre avec le VIH. Ce risque est 30 fois chez les professionnels du sexe. Nous ne mettrons pas fin au Sida si ce n’est pour tout le monde. Nous devons mettre fin à la stigmatisation des personnes vivant avec le VIH et des communautés marginalisées. Nous avons ici besoin de toutes les personnalités politiques, confessionnelles, traditionnelles et culturelles pour exiger l’égalité.

Troisièmement : une inégalité qui me fend le cœur est celle qui touche les enfants vivant avec le Sida.

L’état actuel de la science devrait permettre d’éviter aux bébés de naître avec le VIH et aux enfants séropositifs de se retrouver sans traitement. Mais aujourd’hui, alors que trois quarts des adultes vivant avec le VIH suive un traitement, ce n’est le cas que pour la moitié des enfants. C’est intolérable. C’est pourquoi les Nations-Unies, les partenaires internationaux, la société civile et les gouvernements des 12 pays les plus touchés se sont réunis et ont formé l’alliance mondiale pour mettre fin au SIDA chez les enfants.

Pour finir, et cet aspect est crucial, pour mettre fin au SIDA, nous devons lutter contre les inégalités en matière de ressources.

La crise du COVID 19 et la guerre en Ukraine ont accru les inégalités dans le monde entier. Jour après jour, les pays du G20 reçoivent 136 millions de dollars de remboursements de dettes en provenance de pays pauvres du Sud. Dans ces derniers pays, le remboursement de la dette accapare 4 fois plus de budget que les dépenses de santé, et 2 fois plus que les dépenses d’éducation. En pleine crise de la dette, de l’austérité et des inégalités qui touchent les pays en voie de développement, certains pays riches ont réduit l’aide à la santé mondiale et envisagent des coupes encore plus importantes.

Ce n’est pas la bonne réaction. Ce n’est pas le moment de réduire la voilure, mais de voguer toutes voiles dehors. N’oubliez pas: c’est grâce à la solidarité internationale que nous avons accompli des progrès incroyables contre le SIDA, y compris en ayant plus de 28 millions de personnes qui reçoivent un traitement vital. Et nous devons terminer le travail.

À l’occasion de la journée mondiale de lutte contre le sida, l’ONUSIDA se joint aux personnes vivant avec le VIH et aux communautés du monde entier dans le cadre d’un appel à l’action commune: pousser pour l’égalité.

L’égalité de l’accès aux droits, l’égalité de l’accès au service, l’égalité de l’accès aux ressources, l’égalité de l’accès aux meilleures découvertes scientifiques et aux meilleurs médicaments. Ainsi, nous mettrons fin au sida. » FIN

Rappelons qu’en Centrafrique la journée mondiale de lutte contre le SIDA est célébrée le 3 décembre à cause de la commémoration de la proclamation de la République Centrafricaine.

Belvia Espérance Refeïbona