Le Gouvernement et la Banque Mondiale ont signé le premier rapport d’évaluation sur le taux de la pauvreté en République Centrafricaine le 16 novembre 2023 à Bangui. Le but est de renforcer le système agricole et la résilience du système alimentaire. Ce rapport a été signé par Félix Moloua Premier ministre et Ousmane Diagana vice-président de la Banque Mondiale.

Le premier rapport d’évaluation de la pauvreté en République centrafricaine éclaire la Banque Mondiale sur la situation présente du pays et propose des recommandations essentielles pour adapter leurs politiques en faveur de ce pays qui est victime de multiples crises militaro-politiques et corolaire la destruction des édifices publics.

Le document permettra aux bailleurs à mieux comprendre les causes profondes de la pauvreté et à concevoir des stratégies plus efficaces pour y faire face. Un outil précieux pour tous les acteurs, aussi bien les membres du gouvernement, les Représentants des organisations internationales et de la société civile que ceux du secteur privé, dans leurs efforts de promotion d’une croissance inclusive et durable en RCA.

Avec une population jeune et de vaste richesse en ressources naturelles, il y a des raisons d’espérer si la RCA parvient à exploiter son potentiel en mettant en place une bonne politique. Pour favoriser une croissance inclusive et réduire la pauvreté, le document propose trois principaux axes: d’abord un accent doit être mis sur l’agriculture, renforcer le capital humain et enfin investir dans les infrastructures.

Le rapport s’appuie aussi sur une collecte sans précédent de micros données pour proposer des stratégies réalistes visant à sortir les Centrafricains de la pauvreté.

Pour se faire, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) en collaboration avec l’Institut centrafricain des statistiques et des études économiques et sociales (ICAEES) a mené une enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages (EHCVM), dont les résultats permettront d’évaluer le niveau de pauvreté en RCA pour la première fois depuis plus d’une décennie.

 Ousmane Diagana, le vice-président de la Banque mondiale précise l’intérêt de ce document : « Comme vous le savez, la lutte contre l’extrême pauvreté et la promotion de la prospérité partagée constituent la raison d’être de la Banque mondiale. Cet idéal a pris un nouvel élan au regard des enjeux du monde moderne de sorte que notre engagement à bâtir un monde sans pauvreté intègre également la nécessité de préserver notre bien commun qu’est la planète terre. Dans cette logique, il va sans dire que la Banque mondiale attache du prix au soutien qu’elle apporte à la République centrafricaine dans ses efforts pour réduire la pauvreté. A cet effet, nous travaillons de concert avec le gouvernement, les partenaires au Développement et les organisations de la société civile pour mettre en place des mesures adaptées et des investissements stratégiques. En prenant des décisions éclairées, basées sur des données probantes et actualisées, nous apportons des solutions concrètes et efficaces aux défis auxquels sont confrontés les communautés les plus démunies et donc les plus vulnérables de la République centrafricaine ».

Pour le vice-président de la Banque Mondiale pour la région de l’Afrique de l’Ouest et du Centre, la publication de ce rapport ne doit pas être une fin en soi. Elle ne doit pas se limiter à cet événement ponctuel qui les réunit ce jour, mais plutôt marquer le début d’un processus continu d’évaluation, de réflexion, d’échange et d’action collective. Ils doivent utiliser les informations contenues dans ce rapport pour nourrir et guider leurs Politiques, mobiliser les ressources et mettre en œuvre des initiatives concrètes pour inverser la courbe de la pauvreté et donner à la République centrafricaine une nouvelle trajectoire de prospérité légitime et assumée. En travaillant ensemble, la Banque Mondiale pourra véritablement changer la donne et aider la République Centrafricaine à sortir de sa situation de fragilité endémique et de ses crises récurrentes.

Il insiste sur le fait qu’il s’agit d’un engagement collectif qui nécessite donc l’adhésion de tous les acteurs, des leaders politiques ou religieux, aux activistes de la société civile, en passant par les promoteurs privés et les influenceurs. Ensemble, il renversera la tendance en renforçant les systèmes de protection sociale, en investissant dans l’éducation et les soins de santé, et en créant des opportunités économiques durables en faveur de la population Centrafricaine.

Pour Félix Moloua, Premier ministre, La publication de ce rapport d’évaluation de la pauvreté marque une étape importante dans l’engagement du gouvernement à comprendre et à combattre les défis auxquels la Nation est confrontée. « La pauvreté dans ces nombreuses dimensions a de profondes conséquences sur le bien être de notre population, le seuil de développement global de notre pays. Le partenariat avec la Banque Mondiale et la collaboration avec les institutions internationales, en particulier le HCR et le centre commun des données sur les déplacements forcés a été inestimable dans la relation d’enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages ayant abouti à cet évaluation », soutient le Premier ministre.

Ainsi, la disponibilité du Groupe de la Banque Mondiale à accompagner la République centrafricaine dans sa volonté de promouvoir la prise de décision basée sur l’évidence est loin d’être un vœu pieux puisqu’il se traduit très concrètement par son soutien au domaine statistique dont le montant est passé de 13 millions de dollars à 60 millions de dollars pour le Projet d’harmonisation et d’amélioration des statistiques en Afrique occidentale et centrale qui va entrer dans sa deuxième phase de mise en œuvre.

Ce rapport encourage chacun à persévérer sur la voie de l’effort pour aider la République Centrafricaine à bâtir un avenir de progrès et de prospérité pour l’ensemble de sa population.

Dorcas Bangui Yabanga