En République centrafricaine, plus précisément au quartier Potopoto, dans le 1er arrondissement de Bangui, un fait bouleversant suscite une profonde indignation. Un enfant prénommé Francis, âgé de 4 ans, aurait été violemment puni par sa grand-mère pour avoir pris de la nourriture sans autorisation. Un geste qualifié de vol par un adulte, mais de simple survie pour un enfant.
À la suite de cet acte, Radio Oubangui Médias a contacté une source proche de la famille, Moriack, oncle maternel de la victime. Il témoigne des faits :
« Je suis son oncle. Ce qui est arrivé à l’enfant, nous ne nous en sommes pas rendu compte à temps. L’enfant vivait du côté de son père. Son père a dit que sa grand-mère avait préparé de la nourriture et l’avait mise à l’intérieur de la maison. L’enfant est allé la prendre. C’est alors que sa grand-mère lui a plongé les mains dans le feu. Le père de l’enfant est venu nous expliquer les faits, mais il nous a rassurés que ce n’était pas grave. Cependant, lorsque je me suis rapproché de l’enfant pour voir la situation, j’ai constaté que c’était extrêmement grave. Mon père a alors décidé de porter l’affaire devant les autorités compétentes. La grand-mère se trouve actuellement à la gendarmerie et l’enfant à l’hôpital pour recevoir des soins médicaux. »
Dans de nombreuses familles africaines, la correction physique est encore perçue comme un outil éducatif. Pourtant, les études sur le développement de l’enfant démontrent que la violence n’enseigne ni la responsabilité ni le respect ; au contraire, elle installe la peur, la honte et parfois un traumatisme durable.
Un enfant battu pour avoir mangé peut grandir avec une relation troublée à la nourriture. Il peut aussi associer l’autorité à la douleur et l’amour à la brutalité. Les conséquences psychologiques ne sont pas toujours visibles immédiatement, mais elles marquent profondément.
Il serait trop simple de pointer du doigt uniquement la grand-mère sans interroger le contexte. La précarité, la pression quotidienne, le manque de ressources et le stress accumulé peuvent pousser certains adultes à réagir de la sorte, parfois avec excès.
Mais rappelons que la pauvreté n’excuse pas la maltraitance. Un enfant de 4 ans est l’être le plus vulnérable de la société. Il dépend totalement des adultes pour sa protection, sa nourriture, son affection et son éducation. Lorsque ceux qui sont censés le protéger deviennent ceux qui le blessent, c’est toute la société qui échoue.
Un pays qui aspire au développement doit commencer par protéger ses plus petits citoyens. Car un enfant blessé aujourd’hui peut devenir un adulte brisé demain.
Freddy Ulrich Tanga

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