La Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) a célébré, le 16 mars 2026, la 17ᵉ édition de sa journée dédiée à l’intégration régionale. Placée sous le thème « Promouvoir l’emploi des jeunes », cette commémoration met en lumière les ambitions de la sous-région en matière de libre circulation, de développement économique et de coopération entre les États membres.
À Bangui, la cérémonie officielle a rassemblé plusieurs personnalités politiques et institutionnelles. Elle a été marquée par la levée des couleurs, des prestations culturelles ainsi que des communications publiques autour des acquis et défis de l’organisation.
Prenant la parole, le commissaire en charge des infrastructures et du développement durable, Francint Giscard Libengue Dobele-Kpoka, a rappelé les fondements de la communauté et les progrès réalisés depuis sa création en 1994. « Cette journée nous permet de nous souvenir de l’engagement pris par les six États pour promouvoir le développement, la libre circulation des personnes et des biens, ainsi que la stabilité de la monnaie unique », a-t-il déclaré.
Il a également souligné les avancées enregistrées dans plusieurs secteurs, notamment les infrastructures routières, énergétiques et de transport, grâce à des projets intégrateurs déployés dans les pays membres : Cameroun, République centrafricaine, Congo, Gabon, Guinée équatoriale et Tchad. Selon lui, la libre circulation est désormais une réalité dans l’espace communautaire, malgré quelques difficultés persistantes.
De son côté, le député au Parlement de la CEMAC, Évariste Ngamana, a mis en avant l’évolution de l’organisation, passée d’une union douanière à une véritable communauté économique et monétaire. « Longtemps perçue comme une CEMAC des gouvernants, elle tend aujourd’hui à devenir une CEMAC des peuples », a-t-il affirmé.
Insistant sur les défis à relever, il a évoqué l’importance des projets intégrateurs, notamment le corridor routier reliant Congo-Brazzaville à la République centrafricaine puis au Tchad, ainsi que les projets ferroviaires entre le Tchad et le Cameroun. Il a également souligné la nécessité d’améliorer les postes frontières afin de faciliter davantage la circulation des personnes, des biens, des capitaux et des services.
S’agissant du thème de cette édition, l’emploi des jeunes, l’élu communautaire a reconnu que l’espace CEMAC, fort d’environ 60 millions d’habitants majoritairement jeunes, fait face à des contraintes économiques et financières importantes. Ces difficultés sont accentuées par des crises globales telles que la pandémie de Covid-19, la guerre en Ukraine et les tensions au Moyen-Orient.
Par ailleurs, il a pointé les insuffisances dans la collecte et la rétrocession de la taxe communautaire d’intégration, essentielle au financement des institutions. Toutefois, Évariste Ngamana s’est voulu optimiste quant à la capacité des chefs d’État à trouver des solutions durables, notamment à travers des mécanismes plus efficaces de mobilisation des ressources.
Après plus de 30 ans d’existence, la CEMAC continue ainsi de poursuivre son objectif principal : renforcer l’intégration régionale au service du développement et du bien-être des populations d’Afrique centrale. Milca Bissidi

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