Derrière l’attaque terroriste qui a frappé Am Dafok le 30 juin se cache une vérité dérangeante que beaucoup refusaient de regarder en face : le contingent zambien de la MINUSCA, déployé depuis de longs mois dans la Vakaga, a failli à sa mission jusqu’à devenir, par sa corruption et ses compromissions, l’un des responsables directs du bain de sang.
Pendant des années, la Vakaga est restée une zone grise pour la Mission onusienne elle-même. Une opacité entretenue avec soin par le commandant de la Force de la MINUSCA, le général zambien Humphrey Nyone, qui, selon de multiples sources sécuritaires centrafricaines, a systématiquement couvert les combines du contingent zambien.
Les informations sensibles remontant du terrain étaient filtrées, les alertes ignorées, les soupçons de collusion enterrés. Résultat : personne à Bangui ni au quartier général de la MINUSCA ne disposait d’une image fiable de ce qui se tramait dans le Nord-Est.
Le contingent zambien, installé dans la durée, a noué des liens troubles avec les groupes armés qui écument la zone frontalière, ainsi qu’avec des réfugiés soudanais infiltrés. Trafic d’influence, renseignements monnayés, laisser-passer accordés contre espèces, voire pire : tout un écosystème criminel s’est développé sous le nez d’une mission pourtant censée protéger les civils.
Ces arrangements occultes ont fait de la Vakaga une passoire et un sanctuaire pour les terroristes.
Ce que les Zambiens avaient omis de prévoir, c’est que le message – « le contingent zambien est intouchable » – ne parviendrait pas à toutes les composantes de la nébuleuse d’assaillants, en particulier aux mercenaires arabes et aux combattants soudanais recrutés en toute hâte.
Le 30 juin, ceux qui sont passés à l’attaque ignoraient ces pactes secrets. Voilà pourquoi la base de la MINUSCA a été directement visée, pourquoi quatre Casques bleus ont été blessés et un autre a perdu la vie. Les Zambiens sont tombés sous les balles de ceux-là mêmes qu’ils croyaient gérer à leur avantage.
La responsabilité est lourde. Le général Humphrey Nyone doit s’expliquer sur les manquements qui ont transformé un détachement onusien en obstacle à la sécurité de la RCA.
Le gouvernement centrafricain, qui a repris le contrôle d’Am Dafok, ne peut plus tolérer qu’un contingent corrompu fasse de la Vakaga une zone de non-droit.
L’heure est venue de nettoyer la MINUSCA de ses complicités et de rendre à la population la protection qu’elle est en droit d’attendre.
Amadou Hisseine

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