La célébration de la Journée internationale de la Douane, édition 2026, lancée depuis le 20 janvier, se poursuit à Bangui. La journée du vendredi 23 janvier a été consacrée à une conférence-débat, une conférence de presse ainsi qu’à la remise des cadeaux aux gagnants du jeu-concours Mandako.

Au cours de cette conférence de presse, la Direction générale de la Douane centrafricaine s’est félicitée de l’accomplissement de la mission qui lui a été confiée par le gouvernement, tout en évoquant les défis majeurs auxquels l’institution fait face.

Frédéric Théodore Inamo a rappelé que le gouvernement avait fixé à la Douane une prévision de plus de 70 milliards de francs CFA pour l’année 2025. À la suite de cette décision, l’administration douanière a mis en place des stratégies afin d’atteindre cet objectif, en mobilisant ses agents déployés aux différentes frontières, notamment dans le domaine de la fiscalité.

C’est ainsi qu’au cours de l’année 2025, ces recettes ont été mobilisées principalement à travers le corridor Bangui-Douala et l’aéroport international Bangui M’Poko.

Lors de cette rencontre, Frédéric Théodore Inamo a également présenté les avancées réalisées, notamment la création du terminal 3 au niveau du port amont, au centre-ville de Bangui, s’étendant jusqu’à la rivière M’Poko. Cette initiative a permis de renforcer les recettes douanières.

Il a aussi cité la mise en place de l’antenne de Kéribi, destinée à soutenir le corridor Bangui-Douala, ainsi que la digitalisation du système de recouvrement des recettes, déjà effective à Bangui et dans certaines villes de l’intérieur du pays.

Le Directeur général de la Douane centrafricaine, le colonel Frédéric Théodore Inamo, s’est dit satisfait de ces résultats : « Je suis très content du travail que les douaniers centrafricains accomplissent sur le terrain. Ils font preuve de vigilance. Sans cette vigilance, il n’y aurait ni saisies ni contentieux au niveau de la Douane. C’est dans ce cadre que le gouvernement nous a fixé une prévision de 70,3 milliards de francs CFA pour l’année écoulée. La réalisation de la Douane centrafricaine est de 70 milliards, soit un taux de réalisation de 100 % », a-t-il confirmé.

Malgré ces avancées significatives enregistrées l’année dernière, l’institution reste confrontée à plusieurs difficultés persistantes. Sur le plan des ressources humaines, elle ne dispose pas d’un nombre suffisant d’agents d’exécution pour appuyer les cadres dans la mobilisation des recettes. Elle fait également face à des défis liés à la criminalité transfrontalière, à l’infiltration de produits nuisibles à la santé publique, parfois facilitée par des agents corrompus, ainsi qu’au manque de matériels adéquats pour lutter efficacement contre la fraude.

À cela s’ajoute l’insuffisance de moyens roulants, notamment de véhicules, qui limitent la mobilité des agents sur le terrain. Par ailleurs, la crise postélectorale au Cameroun a eu un impact négatif sur les activités de la Douane centrafricaine.

Depuis une dizaine d’années, la Douane centrafricaine a connu un essor considérable, contribuant de manière significative à l’économie nationale et permettant à l’État de faire face à certains besoins essentiels. Toutefois, bien que déterminée à faire davantage, elle reste confrontée à d’énormes défis. Aujourd’hui, seul le corridor Bangui-Douala constitue le principal poumon des recettes fiscales du pays, alors que d’autres axes pourraient également générer des revenus importants.

L’insuffisance d’agents pour couvrir l’ensemble du territoire national demeure un problème majeur. Face à cette situation, la Douane centrafricaine lance un appel au gouvernement et aux partenaires afin de bénéficier d’un appui susceptible de renforcer ses capacités et de mieux répondre aux besoins du pays.

Caleb Zimango Bango