Du 2 au 4 juin 2026, Bangui a vibré au rythme de l’innovation. L’Association Professionnelle des Établissements de Crédit de Centrafrique (APECCA), en partenariat avec l’International Finance Corporation (IFC), a organisé un atelier inédit dans le cadre du programme DIGILAB. Pendant trois jours, les acteurs du secteur bancaire ont exploré les outils et méthodes de la digitalisation, avant de recevoir leurs certificats de fin de formation.

Cet événement marque une étape décisive pour le système financier centrafricain, en plaçant l’innovation et la digitalisation au cœur des priorités nationales.

DIGILAB se veut un véritable laboratoire d’expérimentation. L’objectif est clair : encourager l’innovation au sein des établissements de crédit, Développer des solutions locales adaptées aux réalités du pays, Renforcer les compétences digitales des équipes.

Dans un contexte où les clients attendent des services rapides, accessibles et modernes, DIGILAB apparaît comme un catalyseur de changement.

Koba Fayol, infographiste et designer à BGFI Banque Centrafrique, a partagé son expérience :

« On a appris beaucoup de choses, entre autres la création des comptes à distance. L’idée est de mettre en place une plateforme où le client peut rester à la maison et ouvrir son compte bancaire sans se déplacer. »

Il explique que BGFI envisage de mettre en place un service numérique dédié, avec un comité de diligence chargé d’implémenter les acquis de la formation. Pour lui, DIGILAB est un atout majeur qui permettra d’améliorer les prestations et de rapprocher la banque de ses clients.

Chimène Nianzé, responsable marketing et communication chez Ecobank Centrafrique, souligne l’importance de cette formation :

« Cette formation nous guide, nous donne toutes les étapes pour digitaliser nos produits et processus avec les clients. La plupart des jeunes centrafricains sont orientés vers le digital. Il fallait recadrer et définir ce qu’est réellement la digitalisation, et voir comment accompagner la population dans cette transition. »

Elle rappelle qu’Ecobank se positionne déjà comme une banque digitale, avec des services accessibles via téléphone : SMS, mobile money, application Ecobank Mobile, cartes Visa et distributeurs automatiques.

Mais la feuille de route pour 2026 est ambitieuse : améliorer la gestion des réclamations et rendre la banque plus accessible et à l’écoute des clients.

La digitalisation du secteur bancaire centrafricain ne se limite pas à une modernisation technique. Elle répond à des enjeux cruciaux : inclusion financière : permettre aux populations rurales et non bancarisées d’accéder aux services financiers.

Compétitivité régionale : positionner la RCA dans le mouvement global de digitalisation.

Confiance des usagers : renforcer la transparence et la proximité avec les clients.

Les trois jours d’atelier ont permis aux participants de découvrir des solutions numériques pour la création de comptes à distance, Explorer les outils de communication digitale interne et externe, définir des stratégies pour améliorer l’expérience client et Identifier les étapes pour mettre en place des services bancaires accessibles via mobile et internet.

La remise des certificats de fin de formation symbolise l’engagement des institutions à mettre en pratique ces acquis.

DIGILAB incarne une vision : celle d’une finance centrafricaine moderne, inclusive et durable. Les témoignages de BGFI et Ecobank montrent que les institutions locales sont prêtes à relever le défi.

La digitalisation ne se limite pas à un changement technologique ; elle transforme la relation entre les banques et leurs clients, en plaçant l’accessibilité et la proximité au centre des priorités.

Le lancement de DIGILAB à Bangui marque un tournant historique. En trois jours, les acteurs du secteur bancaire ont posé les bases d’une transformation profonde. Les acquis de la formation création de comptes à distance, digitalisation des processus, amélioration de la relation client ouvrent la voie à une finance plus moderne et inclusive.

La République centrafricaine, longtemps en retard sur la digitalisation, se donne désormais les moyens de rattraper ce décalage. Le futur de la finance centrafricaine s’écrit aujourd’hui, et il sera digital, innovant et collectif.

Dieu Béni Anderson Kabou