Le vendredi 14 août 2026, le procès dit de Bossembélé s’est poursuivi devant la Cour pénale spéciale (CPS) avec le témoignage d’un membre de la famille Massi. Il s’agit de Pierre Massi, grand frère du défunt Charles Massi, dont le nom figure parmi les victimes présumées dans cette affaire impliquant l’ancien président François Bozizé, principal suspect.

Dans sa déclaration, le témoin a indiqué que son frère Charles Massi aurait été torturé, puis décapité, et que sa tête aurait été ramenée à l’ancien président François Bozizé au Palais de la Renaissance à Bangui. Il a notamment cité les noms de trois accusés : Eugène Barret Ngaïkoesset, Vianney Semndiro et Junior Firmin Danboy.

Selon lui, les faits se seraient produits entre les 29 et les 31 décembre 2009, sans toutefois préciser dans quelles circonstances. Pierre Massi a expliqué qu’il n’était pas présent à Bangui au moment de l’arrestation de son frère et qu’il n’avait appris les faits que par la suite.

Il a déclaré qu’avant sa mort, Charles Massi était détenu à Bossembélé. Toutefois, aucun membre de la famille n’aurait été autorisé à lui rendre visite. Pierre Massi a également précisé qu’il se trouvait alors à Carnot, où il a appris la nouvelle de la mort de son frère à travers les informations qui circulaient.

En l’interrogeant, le parquet lui a adressé ses condoléances pour la disparition de son frère. Les questions lui ont ensuite été posées sur le différend qui aurait opposé l’ancien ministre Charles Massi à François Bozizé.

Pierre Massi a réitéré sa déclaration selon laquelle son frère aurait été directement transféré à la maison d’arrêt de Bossembélé. Ajoutant qu’après que l’ancien président François Bozizé aurait rendu visite à Charles Massi, celui-ci aurait donné l’ordre de le tuer.

En raison de la déclaration selon laquelle Charles Massi aurait été tué entre le 29 et le 31 décembre 2009, la partie civile a demandé au témoin de préciser la source de cette information.

Du côté de la défense, l’avocat de l’accusé Junior Firmin Danboy a demandé à Pierre Massi comment les informations relatives à la mort de son frère lui étaient parvenues. En réponse, le témoin a affirmé qu’il l’avait appris « comme tout le monde ».

La défense a ensuite relevé des différences entre les déclarations faites au sujet de la mort de Charles Massi. Elle a souligné que certaines versions au sein même de la famille Massi évoquent une torture suivie d’une décapitation, avant que la tête ne soit ramenée à François Bozizé. D’autres versions soutiennent en revanche, que François Bozizé lui-même aurait tué Charles Massi de ses propres mains.

La défense a ainsi estimé que le témoignage de Pierre Massi n’est pas crédible, notamment parce qu’il n’aurait pas cherché à vérifier les informations qu’on lui avait données. Elle a demandé que sa déclaration soit écartée, estimant que le témoin avait tiré une partie de ses informations « de la rue ».

Les conseils des quatre accusés ont interrogé le témoin sur les forfaits commis par leurs clients. Le frère de l’ancien ministre a répondu que « s’ils n’avaient rien fait, ils ne seraient pas devant la barre de la CPS ».

La défense a finalement demandé à la Cour de ne pas en tenir compte de son témoignage.

Suspendue à l’issue de cette audience, le procès reprendra ce lundi 17 août 2026.

Déus Gracias Tchémanguéré