Le renforcement du système de prise en charge des détenus sur la procédure sanitaire du CICR au menu d’un atelier de deux jours du 29 février et 1er mars, afin de renforcer la capacité du personnel soignant exercés dans les lieux de détention à Bangui ainsi qu’à l’intérieur du pays. Oubangui Médias s’est entretenu sur l’importance de cette formation avec Jonathan Michael Bambe, Médecin en détention du CICR.

Oubangui médias : Bonjour Dr Jonathan Michael Bambe! Votre département a organisé une formation de deux jours à l’intention des professionnels de santé des lieux de détention, dîtes nous le pourquoi de cette initiative ?

Jonathan Michael Bambe : Bonjour monsieur le journaliste ! Nous avons organisé cette formation parce que nous nous sommes rendus compte qu’il y a une défaillance sur le plan sanitaire dans les différents lieux de détention appuyés par le CICR. Ces professionnels viennent des différentes localités. Il y a les représentants du ministère de la Défense, ceux de la santé et de la population et ceux des provinces aussi. Nous voudrions à travers cette initiative renforcer la capacité de tous ces professionnels de santé exerçant dans les lieux de détention sur les procédures de prise en charge sanitaire du CICR.

Oubangui médias : Quelles sont les modules qui ont été développés lors de cette formation ?

Jonathan Michael Bambe : il y a plusieurs modules qui ont été abordés. Nous avons d’abord parlé des différentes activités du CICR dans les lieux de détention et ce n’est pas seulement les activités sur le plan sanitaire mais tout ce que le CICR fait par exemple les activités liées à la malnutrition, l’hygiène et l’assainissement, de santé proprement dite, celles qui consistent aussi à renforcer la capacité des autorités pénitentiaires.  Il y a aussi des modules qui ont trait purement à la santé et surtout sur les procédures de la prise en charge sanitaire du CICR dans les lieux de détention.

Nous avons aussi fait appel à la coordination de programme de lutte contre la tuberculose pour expliquer le circuit de prise en charge des personnes atteintes de cette maladie dans les maisons de détention et quelles sont les mesures à prendre pour éviter la propagation de cette maladie dans ces lieux. Et le plus gros module est celui qui est axé sur la prise en charge de la malnutrition, car aujourd’hui dans nos prisons il y a beaucoup de cas de malnutrition. En plus de ce que je viens d’évoquer, les participants seront accompagnés avec des outils pour qu’ils puissent bien collecter et envoyer les données afin nous puissions voir la traçabilité de ce qu’ils font dans les lieux de détention.

Oubangui Médias : Dans votre intervention, vous ne cessez de parler de procédure du CICR, qu’est-ce que cela veut dire concrètement ?

Jonathan Michael Bambe : Ce sont des procédures universelles et que nous devons les appliquées aussi puisque la RCA fait partie des pays signataires de Convention de Genève. Donc, ce sont des procédures qui s’appliquent aux détenus. Si un nouveau détenu arrive, il a un ensemble de minimum d’activités qu’on doit réaliser. Il y a d’abord l’examen d’entrée et lors de cet exercice, le détenu va subir un dépistage, son état nutritionnel.

Nous nous sommes rendus compte qu’il y a un sérieux problème de prise en charge des détenus. Les infirmeries des maisons carcérales ne sont pas dotées en médicament, il n’y a pas un budget alloué pour ça. Notons aussi que les personnels exercent en tant que bénévole. Et sur ce point précis, l’objectif de cet atelier c’est d’attirer l’attention des autorités afin qu’elles puissent trouver les voies et moyens d’intervenir au cas où le CICR ne sera plus là.

Oubangui Médias: nous vous remercions monsieur.

Jonathan Michael Bambe : c’est à moi de vous dire merci.

Interview réalisée par Christian Steve SINGA.