Située à seulement 70 kilomètres de Bangui, la ville de Damara dans l’Ombella M’poko fait face à un sérieux problème de personnel de santé. « La santé avant tout », cette diction est bien menteuse en Centrafrique et en particulier dans la sous-préfecture de Damara

L’hôpital secondaire de Damara dispose seulement de trois (03) personnels qualifiés à savoir : un médecin chef, un infirmier et une sage-femme. Cette situation rend compliquer l’accès aux soins de santé.

« Nous avons le maximum des services au niveau de l’hôpital secondaire de Damara. Malheureuses, il y a un manque réel de personnel qualifié. Nous travaillons seulement avec des personnels d’appui ; c’est déplorable pour une localité qui est située à 70 kilomètres de la capitale », a regretté Marcelin Kpidou-Line médecin chef de l’hôpital secondaire de Damara.

En outre, la population ne bénéficie pas de la gratuité de certains services médicaux qu’avait lancés le président de la République Faustin Archange Touadera. Le médecin chef Marcelin Kpidou-Line justifie cette situation : « C’est dommage, nous  ne respectons pas le programme de la gratuité des certains services des soins médicaux ici à Damara. Je vous disais que nous travaillons seulement avec les personnels d’appui. Pour ce faire, nous sommes obligés de procéder au recouvrement de fonds afin de nous permettre de payer ces gens qui travaillent comme des bénévoles ».

Si cet hôpital ne dispose pas assez de personnels qualifiés, il en est de même pour les outils de travail. Dans nos échanges avec le médecin chef, il a affirmé que le centre hospitalier dont il a la charge fait face aussi à un manque des certains appareils leur permettant de mettre leur compétence au service de la population.

A cela, il faut ajouter un réel problème d’eau potable. Il est difficile de trouver des forages ou des points d’eau bien traités dans la ville de Damara. La population dispose des quelques points d’eau potable grâce au Comité International de la Croix Rouge (CICR) qui a réhabilité certains forages qui étaient hors usages.

Annie Niabode, âgée d’une cinquantaine d’année témoigne : « Nous buvons que de l’eau de puits ici à Damara. Cela provoque en nous des maux de ventre, de la diarrhée. Vraiment que le gouvernement se tourne vers nous en nous installant des forages car, les puits ne sont pas potables et jouent négativement sur notre santé ».

Devant ces multiples problèmes qui constituent un obstacle à la garantie sanitaire de la population de Damara, Marcelin Kpidou-Line  lance un appel d’urgence aux autorités nationales : « Il est urgent que le gouvernement centrafricain par le biais du ministère en charge de la santé publique et de la population vienne rapidement à notre secours en nous envoyant des personnels qualifiés. Nous avons fait la promesse de sauver la vie de nos concitoyens, alors nous pouvons honorer notre parole si le gouvernement nous met dans les conditions ».

 «  Nous sollicitons aussi un appui de la part des organisations non-gouvernementales nationales et internationales car seul le gouvernement ne pourrait pas tout faire dans ce contexte de crise », a-t-il  ajouté.

Damara en 2012-2013 a été un carrefour où se sont positionnés les groupes armés de la Séléka avant de prendre Bangui.

 Brice Ledoux Saramalet