Quelques jours après la prestation de serment du président de la République centrafricaine, Faustin Archange Touadéra, une question alimente les débats : celle de la démission du gouvernement actuel dirigé par Félix Moloua. Cependant, si ce gouvernement est encore en place, certains éléments peuvent expliquer cette situation.
En effet, en République centrafricaine, après la prestation de serment du président élu, la démission du Premier ministre n’est pas strictement encadrée par un délai constitutionnel précis. Autrement dit, aucun texte ne fixe clairement une échéance pour cette démarche. À ce jour, il ne s’agit donc que d’interprétations ou d’affirmations gratuites sans base légale.
Certains soutiennent que le gouvernement devrait démissionner dans un délai de trois jours après l’entrée en fonction du Chef de l’État, tandis que d’autres évoquent un délai de huit jours. Cependant, la Constitution ne prévoit aucune disposition allant dans ce sens.
Concernant le fonctionnement du gouvernement, notamment le cas du Premier ministre, la Constitution du 30 août 2023 précise que seul le président de la République ou l’Assemblée nationale peut mettre fin aux fonctions de l’exécutif. Elle stipule en son article 86 que : « Il est mis fin aux fonctions du Premier ministre par le président de la République, à la suite d’une motion de censure adoptée à la majorité des deux tiers (2/3) des députés composant l’Assemblée nationale. »
Ainsi, tant que le chef de l’État n’a pas mis fin aux fonctions du Premier ministre, le gouvernement actuel demeure en place et poursuit sa mission.
S’agissant de l’Assemblée nationale, les députés nouvellement élus n’ont pas encore prêté serment pour entrer officiellement en fonction. De ce fait, le Parlement ne peut pas, pour l’instant, engager une motion de censure contre l’exécutif.
Par ailleurs, le pays se prépare à organiser le second tour des élections municipales, régionales et législatives prévues pour le 26 avril.
Dans ce contexte, le gouvernement actuel pourrait être maintenu afin d’assurer la continuité de l’organisation de ces scrutins. En effet, un changement de gouvernement impliquerait également le remplacement de certains ministres clés impliqués dans le processus électoral, notamment ceux de l’Administration du territoire, de la Sécurité publique et de la Défense. Une telle situation pourrait perturber la gestion et la continuité des affaires en cours.
Ainsi, la mise en place d’un nouveau gouvernement en Centrafrique pourrait intervenir une fois que l’Assemblée nationale sera pleinement installée et opérationnelle.
Toutefois, une fois les institutions pleinement installées et le calendrier électoral achevé, la formation d’un nouveau gouvernement pourrait devenir une étape logique pour marquer le début effectif de la dynamique politique.
C’est ainsi que certaines sources proches du gouvernement souligne que le Premier ministre serait maintenu pour assurer la gestion des affaires courantes sans engager des réformes en attendant la demande de sa démission par le Président de la République.
Cependant, cette demande de démission peut intervenir à tout moment, même avant la tenue du second tour des élections municipales, régionales et législatives.
Déus Gracias Tchémanguéré

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