Les infrastructures d’un pays constituent l’un des moyens pour évaluer le développement de celui-ci. Mais en Centrafrique, nous constatons que la démographie est évolutive mais les infrastructures routières sont tellement vétustes et se dégradent à l’instar du pont de PK 9 qui est très défectueux alors que son enjeu socioéconomique est grand pour la République Centrafricain.

Il se pose alors l’importance de construire de nouveaux ouvrages routiers de franchissement à ce point de la capitale et dans certaines parties de la République Centrafricaine. Pour construire ces infrastructures routières, l’Etat peut compter sur ses propres fonds ou grâce à la coopération bilatérale/multilatérale.

Le Pont de Pk 9 à Bimbo, sortie sud de la capitale Bangui a été construit à partir des années 1945 par la coopération allemande. 100 mètres de long et 3 mètres de large, il est l’unique axe de sortie de Bangui pour l’Ombella M’Poko, la Lobaye et autres préfectures du sud-ouest. Une voie qui mène au Congo Brazzaville et est une porte d’entrée pour les marchandises en provenance de Pointe-Noire et Brazzaville.

Son Etat actuel inquiète la population. Même si l’ouvrage reste solide, son tablier est défectueux et ne permet la circulation à deux voies.

Ces derniers jours, la population de Bimbo ne cesse de se plaindre en regardant ce pont dans l’état actuel où il se trouve.

2015, la Turquie se positionne pour refaire l’ouvrage

En 2015 pendant la transition, une délégation de l’Agence de coopération turque avait échangé avec le Ministre des Travaux publiques et de l’équipement, Clair Malefou. Au centre des échanges, la construction à Bangui des ouvrages de franchissements dont le plus urgent est celui du pont de Pk 9.

Malheureusement, six ans plus tard, aucune avancée dans ce dossier alors que chaque jour qui passe, cette autoroute devient de plus vétuste et constitue un calvaire pour ses usagers car il n’a qu’une seule voie de franchissement.

Alors, il est donc urgent pour le Gouvernement de relancer ce dossier avec la Turquie ou négocier une aide pour construire dans les prochaines années un nouveau pont à double voies.

A titre de rappel, en 2015 à la sortie de l’audience avec le Ministre des Travaux publiques et de l’équipement, Mr Mehemet Yazgan, Responsable de la coordination de la Coopération Turque à Bangui avait déclaré que «notre discussion avec le Ministre est beaucoup plus axée sur le deuxième pont, c’est-à-dire celui de PK 9, et nous espérons que le gouvernement puisse donner son accord pour nous permettre de construire ce pont au service de la population centrafricaine. C’est pour moi l’occasion de souhaiter que nos relations bilatérales avec la République centrafricaine vont s’affermir davantage avec de tels projets et vont se consolider avec les bonnes volontés ».

Puis, il a rassuré que « nous sommes prêts pour démarrer tout de suite le chantier ». Malheureusement que six ans plus tard, rien ne bouge.

En effet, il se pose un réel problème de suivi des engagements des partenaires pour la Centrafrique. Ce même constat est décrié par le président Touadera qui ne voit pas le suivi de nombreuses discussions avec les partenaires.

2021, une étude réalisée par l’Expertise France

Le gouvernement avait confié la mission à l’Expertise France pour réaliser une étude pour la reconstruction du pont de Pk 9. Selon une source de l’Expertise France que le journal Oubangui Médias a contacté Cette étude a été réalisée par un cabinet international et remis aux Ministère des TP. Toutefois, l’Expertise France n’avons ni la mission ni le financement pour réaliser les travaux.

La mission d’étude confiée à Expertise France avait suscité un soulagement de la part des habitants de Bimbo pour enfin voir un nouveau pont. Jusqu’à présent, les habitants de Bimbo ont toujours espoir cette celle-ci devrait réaliser l’œuvre. Alors cette première phase d’étude ne vaut pas début imminent des travaux.

2022, le gouvernement mise sur le projet du corridor Brazzaville- Bangui-Ndjamena

Au ministère des travaux publics, l’on confirme que l’Expertise France n’avait que la mission de réaliser les études. Mais aucun marché de construction n’a été attribué à une quelconque entreprise.

Le gouvernement aura alors deux possibilités : Finaliser les études, le projet et rechercher les financements pour la réalisation de l’ouvrage ou compte sur le projet de corridor Brazzaville- Bangui-Ndjamena qui a déjà démarré.

Le Congo Brazzaville a mobilisé auprès de la Banque de Développement des Etats de l’Afrique Centrale (BDEAC) un montant de 100 milliards de FCFA pour construction du corridor Brazzaville-Bangui.

 Les travaux qui seront réalisés côté congolais quitteront Ouesso à Bétou en passant par Gouga, Mbaïki et Bangui. Il sera question de bitumage, de traitement des points critiques (Mbaïki-Bangui) et la réalisation des ouvrages de franchissements. Le pont de Pk 9, selon le ministère des travaux publics fait partie de ce lot.

A la lumière de ces informations, les usagers doivent encore serrer les coudes pour attendre les longues études et mobilisations des partenaires.

Max Junior Endjigbongo/Fridolin Ngoulou