Du 14 au 22 décembre dernier, le Cardinal Dieudonné Nzapalainga a effectué une mission pastorale dans les préfectures de l’Ouham et de l’Ouham Fafa. L’occasion pour cet homme de Dieu d’honorer ses ouvres pastorales et de toucher du doigt la réalité de la vie socioéconomique de la population de ces préfectures.

A cet effet, il a organisé le mardi 28 décembre 2021 à Archevêché à Bangui, une conférence de presse dans l’optique de présenter aux professionnels des médias, le rapport de cette randonnée. 

En effet, cette tournée l’avait conduit à Bossangoa, Benzambè, Bouca, Batangafo et à Kabo. Ce voyage comme nous l’avions mentionné s’inscrivait dans le cadre de la mission pastorale. Mais, étant un berger, le Cardinal Nzapalainga a pris le soin d’écouter ses brebis afin de leur partager sa compassion et remonter leurs difficultés à la surface. Une manière d’interpeller les autorités politiques à y faire face.

Dans ces différents échanges avec les autorités civiles et militaires, les jeunes et les organisations humanitaires, le Cardinal a pu constater et vivre combien de fois les centrafricains de ces localités vivent dans une précarité qui ne dit pas son nom. Dans ses déclarations à la presse, il a mis un accent particulier sur les sites des déplacés internes de Batangafo et de Bouca. Selon le Cardinal Dieudonné Nzapalainga, le site des déplacés internes de Bouca est le deuxième grand centre d’accueil après celui de Bria. En outre, il a clairement évoqué les nombreux défis dans les contextes sécuritaire, sanitaire, éducatif et du transport.

« Depuis 2012, des populations déplacées continuent de vivre sur des sites dans des conditions d’extrêmes précarités. Elles ont tout perdus (habitations, champs, bœufs…). Des milliers d’enfants sont nés et certains ont neuf ans sur les sites. Ils n’ont jamais connu ce que c’est qu’une maison, un lit. Le retour de ces déplacés dans leurs lieux d’habitation est conditionné par la sécurité et aux kits pour la reconstruction des maisons », a déclaré le Cardinal Dieudonné Nzapalainga. .

 De manière concrète, l’insécurité demeure grandissante dans ces lieux du fait que les hommes armés sont nombreux et n’hésitent pas faire l’usage de leurs armes sur les civiles. Une triste réalité qui oblige la population à vivre dans la peur permanente d’attaque des groupes armés. Sur le plan éducatif, il y a un manque réel des infrastructures scolaires et des enseignants qualifiés qui sont malheureusement remplacés par les maîtres-parents qui n’ont pas l’aptitude requise en vue de tenir une salle de classe même son de cloche du côté de système de santé qui ne dispose pas des infrastructures, des outils nécessaires de travail et de personnel qualifié. Cette situation a provoqué la mort d’un triplé mis en monde par une femme à Benzambè et rend plus vulnérable la situation sanitaires des femmes enceintes et les enfants qui souffrent du paludisme, de la dermatose et parasitose. Quelques ONG sanitaires à l’exemple des Médecins du Monde a tenté d’apporter des appuis mais cela n’est pas assez.  A cet effet, le gouvernement a l’obligation d’envoyer des missions  d’inspections afin de contrôler la présence des fonctionnaires affectés en province qui sont malheureusement restés à Bangui.

La dégradation des routes a largement impacté de manière négative la vie socioéconomique de la population qui est cloué surplace chacun dans sa localité. Impossible alors d’évacuer les personnes en situation de détresse par exemple un malade à l’hôpital. Tout cela a comme conséquence, la paupérisation, la souffrance au quotidien, la détérioration du bien-être. En outre, le Cardinal a mentionné que la communauté musulmane n’est pas encore présente à Bouca. Ceci est un frein à la cohésion sociale. Toutefois, les nombreux échanges entre le Cardinal Nzapalainga et les leaders de la ville sont porteurs d’espoir et surplace, les efforts sont en train d’etre faits pour favoriser le retour des frères musulmans à Bouca. Si l’autorité de l’Etat est progressif dans ces villes, dommage, la présence en effectif des Forces de sécurité intérieure est très limitée et confrontée  aux problèmes de manque de moyens logistiques, roulants et de prise en charge. 

En définitive, le chef des religieux catholique en Centrafrique a formulé ses vœux de bonheur à tous les centrafricains tout en lançant un vibrant appel aux partenaires de ne pas profiter de la faiblesse des centrafricains pour exploiter le pays mais d’aider la RCA à se libérer de sa situation actuelle. 

Brice Ledoux Saramalet