La République centrafricaine est fière de compter de nombreux défenseurs des droits humains de renommée internationale. Parmi eux figure Maître Marie-Édith Douzima, une avocate dont le nom n’est plus à présenter. Inscrite au Barreau de Centrafrique et à la Cour pénale internationale, cette professionnelle du droit est reconnue, tant sur le plan national qu’international dans la défense des intérêts de justiciables.

Avec plus de 33 ans de carrière, Maître Marie-Édith Douzima est l’une des avocates les plus réputées du pays. Elle a défendu de nombreuses affaires devant toutes les juridictions nationales, tant à Bangui que dans les autres villes du pays.

Elle a eu à défendre des dossiers dans différents domaines, y compris ceux de grandes envergures, tels qu’en matière militaire, en matière de détournement de deniers publics, de crime de sang, de crime de sorcellerie etc.

Plus récemment, elle a été l’un des principaux avocats de la partie civile dans l’affaire Giles Ionel Gouandjika, poursuivi pour « injures publics et diffamation » à l’égard des femmes centrafricaines.

Son expertise reste aujourd’hui très sollicitée. Elle fait notamment partie de l’équipe d’avocats assurant la défense des accusés dans le procès dit Bossembélé devant la Cour pénale spéciale à Bangui. Elle a été commise d’office pour défendre l’ancien chef de l’État François Bozizé, principal accusé dans cette affaire.

Sur le plan international, elle est principalement connue pour son rôle de représentante légale des victimes devant la Cour pénale internationale (CPI), notamment dans le procès historique de Jean-Pierre Bemba ainsi que celui de Alfred Yékatom et Patrice Édouard Ngaïssona.

Maître Édith Douzima possède un solide parcours académique. Son cursus est composé de diplômes universitaires et de nombreuses formations juridiques.

Ancienne élève du lycée Pie XII, où elle a obtenu un baccalauréat série B, elle a poursuivi ses études à l’Université de Bangui, où elle a obtenu une licence en droit privé. Elle a ensuite décroché une maîtrise en droit privé, option pratique et contentieux du droit des affaires, à l’Université de Yaoundé, au Cameroun.

Elle a suivi plusieurs formations juridiques dans des pays étrangers tant en Europe, en Afrique qu’aux États-Unis. Elle a également dispensé des enseignements dans le domaine des droits de l’homme.

En dehors de son engagement professionnel, elle est l’un des membres fondateurs de l’Association des Femmes Juristes de Centrafrique (AFJC), créée en 1992, dont elle a assuré la présidence de 2001 à 2008.

Par ailleurs, elle a siégé comme conseiller à la Cour constitutionnelle de transition de la République centrafricaine entre 2004 et 2005. Elle a également occupé la fonction de Présidente de la Commission Vérité, Justice, Réparation et Réconciliation (CVJRR).

Elle est également coordinatrice nationale des ONG de défense des droits de l’homme en Centrafrique ainsi que de la Coalition centrafricaine pour la Cour pénale internationale et membre d’Avocats sans frontières France et RCA.

Pour Maître Marie-Édith Douzima, c’est par vocation qu’elle exerce ce métier. Initialement, elle souhaitait devenir magistrate. C’est finalement son père qui l’a orientée vers le barreau, estimant que sa personnalité correspondait davantage à cette profession.

Maître Douzima dit qu’elle ne regrette pas ce choix car « ce métier lui convient parfaitement comme un gant. »

Maître Marie-Édith Douzima est mariée, mère d’une fille et grand-mère de trois petits-enfants. Elle est satisfaite de son parcours qu’elle traduit en ces termes : « Je suis entièrement fière de mon travail. »

Le parcours de Maître Marie Édith Douzima est à l’image de celui de nombreuses autres femmes centrafricaines qui se distinguent par leur talent. À travers leurs réalisations, elles contribuent à hisser haut les couleurs de la République centrafricaine.

Déus Gracias Tchémanguéré