Beaucoup des femmes sur le site des déplacés Mbela à 4 km de la ville de Kaga-Bandoro sont veuves  et n’ont rien comme activités génératrice de revenu. Mais, Achetou Assan, âgée de 36 ans, veuve et mère de 4 enfants s’occupe de sa famille grâce à la fabrication des draps et tricots. Lors d’une mission dans cette ville, Oubangui Medias a  échangé avec cette jeune dame.

Il est 9h30 sur le site Mbela, Achetou Assan commence déjà à tricoter les draps et pullovers pour les femmes enceintes ayant passé des commandes. Elle a appris ce petit métier auprès de sa défunte mère, et c’est grâce à cette activité qu’elle arrive à prendre en charge sa petite famille.

Achetou Assan, nous raconte sa petite histoire : «  je suis sur le site Mbela et je fabriques des tricots. Je l’ai appris quand j’étais encore petite et ma mère apprenait elle aussi auprès des sœurs de l’église catholique. Celles-ci l’ont appris comment coudre les draps, les pullovers. C’est ainsi qu’elle me l’a appris aussi. Et grâce à ce petit métier,  je suis aujourd’hui ce que je suis. Je me débrouille avec, étant déplacée sur un site. Les petits métiers qu’on apprend aujourd’hui peuvent sauver des vies plus tard. C’est ce que je suis en vivre ».

Pour vendre ses articles, Achetou préfère passer par des commerçants puisqu’elle n’a pas une place au marché: « J’ai l’habitude de coudre et de confier aux commerçants au marché. Mais parfois, les gens viennent payer ici comme ils connaissent la place. Pour avoir les tissus et les laines de tricot, j’achète ici sur place à Kaga-Bandoro. Comme nous sommes déjà habitués,  parfois, ils me donnent des rouleaux de tissus à crédit, je confectionne mes articles, je vends avant de payer. Et là, les bons comptes font les bons amis », raconte Achetou.

Achetou est veuve depuis plusieurs années. Elle est mère des 4 enfants. Sa condition de vie est difficile. La maison construite par son défunt mari tombe en ruine. C’est pourquoi, elle préfère rester sur le site des déplacés, se chercher des moyens pour reconstruire la maison et enfin quitter le site des déplacés au bénéfice du retour progressive de la paix dans la ville de Kaga-Bandoro.

« C’est grâce à ce que j’entreprends comme commerce que je m’occupe de ma famille et de la scolarité de mes enfants. La  crise qui a secoué le pays a fait que mes activités ne marchent pas comme auparavant et nous avons des difficultés. La  maison de mon mari est abîmée, quand il pleut on se met constamment debout», regrette cette jeune dame.

En dehors du tricot, Achetou vend également des beignets pour joindre les deux bouts. Malgré ses efforts, ses responsabilités semblent être énormes, plus que ses capacités à résoudre ses problèmes au quotidien.

Mais le dévouement d’une telle femme reste un modèle d’encouragement pour ses paires dans un contexte où certains d’hommes bien que vivants laissent  la responsabilité de l’éducation des enfants aux femmes.

Achetou encourage alors les femmes à se faire des métiers même des petits métiers. Elle invite vivement les filles et jeunes à adopter la culture des petits métiers. Aux Centrafricains, Achetou lance un message de paix et de cohésion pour favoriser le développement socioéconomique du pays, après plusieurs années des violences et des tueries dans le pays.

Dorcas Bangui Yabanga