La capitale centrafricaine a vibré au rythme de la clôture du forum national sur la planification familiale. Jeudi le 23 avril 2026 à Bangui, la cérémonie  de la clôture du forum sur la planification familiale a pris fin. Elle s’est déroulée en présence de la première Dame Brigitte Touadéra, présidente de la Fondation Cri du Cœur d’une mère.

Ce forum de deux jours a réuni plusieurs autorités entre autres les partenaires financiers techniques, les leaders communautaires et religieux, les professionnels de santé, les médias, le secteur privé ainsi que les organisateurs de la société civile. Toujours autour d’un objectif commun : « renforcer l’accès à la planification familiale pour toutes et tous en République centrafricaine. »

Dans son allocution, la première Dame Brigitte Touadéra présidente de Fondation Cri du Cœur d’une Mère souligne que cette rencontre de très haut niveau a été sans conteste un espace d’échange fécond et d’une richesse exceptionnelle. « Si nous voulons un Centrafrique où chaque enfant est désiré et, où chaque naissance est planifiée. Investir dans la planification familiale n’est pas seulement espacer les naissances, c’est aussi offrir une chance de survie à la femme centrafricaine en réduisant la mortalité maternelle, garantir un avenir à la jeunesse,  permettent aux filles de poursuivre leurs études et de s’autonomiser. Stimuler notre économie car une croissance démographique maîtrisée  permet un investissement public plus efficace dans les infrastructures et les services de base ainsi que le développement économique », a-t-elle déclaré.

Elle conclut « la planification n’est pas une intervention nouvelle dans notre pays, si j’ai décidé de faire aujourd’hui mon cheval de bataille, c’est parce qu’elle est aussi une question d’équité de genre et des droits des femmes, l’article 14 du protocole de Maputo consacre le droit à l’éducation sur la planification familiale comme un droit fondamental de la femme, il est aujourd’hui inacceptable qu’une femme perde la vie parce qu’elle a eu des naissances trop rapprochées qui ont impacté sa santé ou encore parce qu’elle a eu recours à un avortement clandestin du fait de grossesse non désirée »

Pour Mokama Candide l’une des intervenantes, experte en genre sur  violence  basée sur le genre « notre société centrafricaine est basée sur certaines normes qui sont parfois défavorables à la santé de la femme, l’analphabétisme bat son plein au milieu féminin et cela empêche la femme de s’exprimer, de s’informer. Le patriarcat donne plus de pouvoir à l’homme de décider, considérant la femme comme un être inférieur qui n’a pas de décision au niveau familial et de la société. A cela, s’ajoute la pauvreté qui a un visage féminin, ne permet pas aussi la femme de prendre des décisions »

« Nous sommes dans une famille africaine où les enfants sont considérés comme des enfants de lhomme, selon les traditions, c’est lhomme qui assume le pouvoir. Donc pour cela, nous avons dit qu’il fallait lutter contre ces pesanteurs sociales. Les hommes doivent donner aux femmes les mêmes opportunités, les mêmes chances et d’assumer les mêmes responsabilités que lhomme. Les rôles attribués par la société font qu’aujourd’hui que, les femmes sont des êtres inférieures incapables de subvenir à tous les besoins parce qu’elles dépendent totalement de lhomme qui doit assumer sa responsabilité et son pouvoir » a-t-elle conclu.

Plusieurs participantes ont témoigné de l’importance de ce forum. Guela Priscille l’une des participantes témoigné ce qu’elle a appris durant ces deux jours dans ce forum : « ce forum est riche en échange car, cela concerne rien que nous les jeunes. Certaines jeunes filles de nos jours se lancent dans vies malsaines, abandonnant les études au profit des choses de la terre qui finissent par être enceintées  sans connaître parfois le père de l’enfant. Au vu de ce que j’ai appris ici, je saurais en mesure de donner de conseils à mes surs jeunes filles de ne plus commettre ces erreurs » a-t-elle dit.

Ces deux jours de ce forum ont permis de dégager des fortes recommandations et de consolider les engagements de l’ensemble des acteurs pour faire de la planification une priorité nationale au service de la santé des femmes, des enfants de familles et développement en Centrafrique.

Freddy Ulrich Tanga