La Coordination nationale biodiversité a organisé un atelier de validation du 5 Rapport national sur la mise en œuvre du Protocole de Cartagena sur la prévention des risques biotechnologiques le Mercredi 11 février 2026 à Bangui. Cette rencontre, qui a réuni une cinquantaine de participants issus des ministères sectoriels, des institutions de recherche, de la société civile, du secteur privé et des partenaires techniques, marque une étape clé avant la soumission officielle du document au Secrétariat de la Convention sur la diversité biologique (CDB).

Bien avant la ratification des grandes conventions internationales, la République centrafricaine avait déjà inscrit la protection de la nature dans son arsenal juridique, notamment à travers la loi n°60.140 du 19 août 1960 portant protection de la nature et la loi n°61.273 du 5 février 1961 instituant un code forestier.

Depuis, le pays a adhéré à plusieurs instruments internationaux relatifs à l’environnement, dont la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES), la Convention sur la diversité biologique (CDB) et ses protocoles, la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification, la Convention-cadre sur les changements climatiques, ainsi que la Convention de l’UNESCO relative au patrimoine mondial.

Le Protocole de Cartagena, adopté en 2000 et ratifié par la RCA en 2008, complète la CDB. Il vise à garantir un niveau adéquat de protection lors du transfert, de la manipulation et de l’utilisation sans danger des organismes vivants modifiés (OVM) issus de la biotechnologie moderne. Les États parties sont tenus de soumettre périodiquement des rapports nationaux au Centre d’échange pour la prévention des risques biotechnologiques (BCH), afin de rendre compte des progrès accomplis.

Après la soumission du 4ᵉ rapport en 2021, la RCA s’apprête désormais à transmettre son 5ᵉ rapport, élaboré avec l’appui financier du Fonds pour l’Environnement mondial (FEM), conformément aux recommandations de la Conférence des Parties.

Dans son discours d’ouverture, le représentant du directeur de cabinet de l’Environnement a souligné que ce rapport s’inscrit dans la vision du Plan national de développement (PND). « Ce rapport n’est pas un document isolé ; il est un instrument de mesure de notre résilience et de notre capacité à protéger notre capital naturel », a-t-il déclaré.

Il a mis en exergue trois priorités nationales liées à la biosécurité à savoir , la souveraineté alimentaire et la modernisation de l’agriculture, le renforcement de la gouvernance environnementale, la gestion durable des ressources naturelles et la protection de la santé des populations.

Selon lui, une validation rigoureuse du rapport renforcera la crédibilité du pays auprès des partenaires tels que le FEM et la Banque mondiale, et facilitera la mobilisation de ressources pour la mise en œuvre des politiques environnementales.

Une étape vers la soumission officielle

Interrogé en marge de l’atelier, le point focal du Protocole de Cartagena, Joël Sioté Bagoume , a rappelé que le rapport national est un document standard exigé par le protocole et que chaque pays doit contextualiser en fonction de ses efforts nationaux. : « Nous sommes réunis aujourd’hui pour valider ce document avant sa soumission. Après cette étape, une équipe finalisera le rapport sous la supervision de la Coordination nationale biodiversité, puis il sera transmis au Centre d’échange du secrétariat de la Convention », a-t-il expliqué.

L’atelier, organisé sur une journée, a alterné présentations en plénière et travaux de groupes thématiques. Les participants ont examiné les différentes sections du rapport, formulé des observations techniques et éditoriales, et proposé des recommandations pour renforcer la mise en œuvre future du protocole en Centrafrique.

À l’issue des travaux, le rapport provisoire devrait être amendé, enrichi et validé collectivement, ouvrant la voie à sa soumission officielle et à une nouvelle étape dans l’engagement de la RCA en faveur de la biosécurité et de la protection de la biodiversité.

Oubangui Médias