Dans une atmosphère empreinte d’enthousiasme et de détermination, Prince Éric Ngaïbino, directeur du Tongolo Film Festival, a tenu un point de presse le mardi 16 juin 2026 consacré à la restitution des activités de la première édition de ce rendez-vous culturel inédit.

Du 7 au 17 mai, le festival a sillonné Sibut, Damara, Boali, Djabarona, Mbaïki et Bangui. L’ambition était simple mais audacieuse : rapprocher le cinéma centrafricain de son public. Durant onze jours, des centaines de citoyens ont assisté à des projections en plein air, sous les étoiles, découvrant des œuvres locales qui témoignent de la vitalité créative du pays.

Au-delà des projections, plus de 50 jeunes ont participé à des ateliers d’initiation aux métiers du cinéma. Ces formations, organisées dans plusieurs villes, ont permis aux participants de recevoir des attestations, une première étape vers la professionnalisation et la structuration du secteur.

Le festival a été un catalyseur de mobilisation. Autorités locales, associations de jeunes, centres culturels, bénévoles et simples citoyens se sont impliqués. Tous ont contribué à démontrer que le cinéma peut être un outil d’éducation, de cohésion sociale et de création d’emplois.

Les contributions citoyennes enregistrées, bien que modestes, traduisent une volonté populaire d’accompagner la création locale. Pour Prince Éric Ngaïbino, cette dynamique prouve que le public centrafricain est prêt à soutenir son cinéma lorsqu’on lui en donne l’occasion.

Le directeur du festival n’a pas manqué de souligner les obstacles persistants : absence de fonds dédiés, insuffisance des infrastructures de diffusion, manque de structures permanentes de formation et faiblesse des mécanismes de financement. Ces difficultés freinent l’émergence d’une véritable industrie cinématographique nationale.

C’est pour répondre à ces défis qu’a été présenté le plaidoyer pour la création du Fonds Citoyen pour le Cinéma (FCC).

Déposé le jour même sur le bureau de la Ministre des Arts, de la Culture et du Tourisme, ce plaidoyer propose un financement initial de 50 millions de francs CFA. Cette enveloppe servirait à Acquérir des équipements audiovisuels professionnels. Former des techniciens et créateurs. Financer des productions nationales. Mettre en place un système transparent de gestion et d’accompagnement des projets

L’objectif est qu’à l’horizon 2030, la République centrafricaine dispose d’un mécanisme structuré, capable de produire régulièrement des films, de former sa jeunesse, de créer des emplois culturels et de représenter dignement le pays dans les grands rendez-vous internationaux.

Le succès de cette première édition ouvre la voie à une deuxième, encore plus ambitieuse. Le Tongolo Film Festival prévoit d’élargir le nombre de villes participantes, d’augmenter le nombre de bénéficiaires des ateliers et de renforcer les partenariats institutionnels.

Prince Éric Ngaïbino a rappelé que le talent existe déjà, citant des œuvres comme Congo Boy, Ma Congo ou Le fardeau, qui ont brillé dans des festivals internationaux. Ce qui manque, selon lui, ce n’est pas la créativité, mais un mécanisme durable pour permettre aux artistes de s’exprimer pleinement.

Le directeur du festival a conclu avec force : « La culture n’est pas une dépense. C’est un investissement pour la jeunesse, pour la paix, pour l’emploi, pour l’économie et pour l’image de la République centrafricaine. »

Le Tongolo Film Festival a démontré que le cinéma centrafricain est vivant. Il appartient désormais aux institutions, aux partenaires, au secteur privé et aux citoyens de l’accompagner vers son plein développement.

Dieu Béni Anderson Kabou