Le ministère de la Promotion du Genre, de la Protection de la Femme, de la Famille et de l’Enfant a lancé officiellement, samedi 8 mars à l’omnisports de Bangui, les festivités marquant la célébration de la Journée internationale des droits des femmes. La cérémonie s’est déroulée en présence du Premier ministre Félix Moloua, de plusieurs membres du gouvernement, ainsi que des représentants d’institutions nationales et internationales. Placée sous le thème international « Droits, justice, action : pour toutes les femmes et les filles », cette édition 2026 met l’accent sur la nécessité de transformer les engagements en actions concrètes en faveur de l’égalité de genre.

En République centrafricaine, le thème national retenu est : « De la reconnaissance des droits à l’action concrète : garantir aux femmes et aux filles centrafricaines l’accès aux services sociaux de base et à la justice ». Plusieurs organisations féminines et associations de femmes venues de différents arrondissements de Bangui et des régions du pays ont pris part à cette cérémonie de lancement.

Dans son discours de circonstance, la représentante d’ONU Femmes en Centrafrique, Rachelle Ndjangone Mian, a rappelé que cette célébration intervient dans un contexte particulier, marqué par les 30 ans de la Déclaration de Beijing, un texte fondateur pour les droits des femmes.

Elle a souligné que malgré certaines avancées, les inégalités demeurent encore importantes au niveau mondial. « Les femmes ne disposent que de 64 % des droits juridiques des hommes et, dans 70 % des pays, elles rencontrent davantage d’obstacles pour accéder à la justice », a-t-elle indiqué.

Selon elle, la situation est encore plus préoccupante pour les 676 millions de femmes vivant à proximité des zones de conflit, notamment en République centrafricaine, où l’accès à la justice reste souvent limité.

La représentante d’ONU Femmes, Rachelle Ndjangone Mian, a toutefois salué les progrès réalisés dans le pays, notamment la ratification du Protocole de Maputo en 2025, l’adoption de la loi sur la parité fixant à 35 % la représentation des femmes dans les postes électifs et nominatifs, ainsi que la création de l’Observatoire national de la parité. Elle a également évoqué les initiatives visant à lutter contre les violences basées sur le genre et à soutenir les survivantes. Malgré ces avancées, plusieurs défis persistent, en particulier dans les zones rurales où l’insécurité, la pauvreté et certaines normes sociales restrictives continuent de limiter l’accès des femmes à leurs droits, a-t-elle ajouté.

Pour y remédier, elle a appelé à l’application effective des lois protégeant les droits des femmes, une tolérance zéro face aux violences basées sur le genre, l’accélération des actions en faveur de l’autonomisation économique des femmes à travers l’éducation, la formation et l’entrepreneuriat.

De son côté, la ministre de la Promotion du Genre, Marthe Augustine Kirimat, a rappelé que la République centrafricaine célèbre la Journée internationale des droits des femmes depuis 1989, après l’adoption de la politique nationale de la femme.

Selon elle, cette journée constitue un cadre privilégié de réflexion et d’actions en faveur de l’amélioration des conditions de vie des femmes.

La ministre a reconnu que, malgré l’existence de textes nationaux et internationaux garantissant les droits des femmes, les inégalités persistent encore dans plusieurs domaines, notamment l’accès à l’éducation, à la propriété, à l’emploi, aux soins de santé et à la participation politique.

Elle a également évoqué les défis liés aux violences basées sur le genre, particulièrement dans un contexte marqué par l’insécurité et les conflits armés. « Il est urgent d’aller au-delà des constats et de mettre en œuvre des actions concrètes et mesurables pour améliorer la condition des femmes et des filles », a-t-elle déclaré.

La ministre a présenté plusieurs projets mis en œuvre avec l’appui des partenaires techniques et financiers pour promouvoir l’égalité de genre en République centrafricaine.

Parmi ces initiatives figurent notamment : le projet Mumomaboko, financé par l’Union européenne et mis en œuvre par ONU Femmes, visant à promouvoir l’égalité de genre et l’autonomisation des femmes ; le projet NGANGUWALI (Femmes plus fortes), soutenu par l’Union européenne et mis en œuvre par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), pour renforcer l’autonomisation économique des femmes ; le projet MAINGO, financé par la Banque mondiale, destiné à améliorer le capital humain et l’autonomisation des femmes et des filles ; le projet GDP 2.0, financé par le Fonds des Nations unies pour la consolidation de la paix, qui vise à renforcer le rôle des organisations féminines dans la prévention et la gestion des conflits.

Selon les données présentées par l’Observatoire national de la parité, les femmes représentent actuellement 32 % des effectifs dans la fonction publique, contre 68 % d’hommes.

Certaines institutions dépassent toutefois la barre des 50 %, notamment : la Haute Autorité de la Bonne Gouvernance et le Conseil économique et social (63 %), le ministère de la Promotion du genre (60 %), le ministère de la Santé (54 %), et le ministère de l’Action humanitaire (52 %).

La cérémonie a également été marquée par la distinction de dix femmes qui œuvrent dans l’ombre, honorées par le ministère de la Promotion du Genre pour leur contribution au développement et à la promotion des droits des femmes en République centrafricaine.

Plusieurs activités sont prévues dans le cadre de cette célébration, notamment des campagnes de sensibilisation, des activités sportives et culturelles ainsi que des actions communautaires à Bangui et dans les différentes régions du pays.

Milca Bissidi