Dans chaque discours à la Nation du Président de la République Faustin Archange Touadera, le désormais célèbre slogan « impunité zéro »  ne manque plus. Mais à quel frange de personnes et d’entités s’applique réellement et dans les faits cette fameuse impunité zéro ?

L’impunité zéro par-ci, l’impunité zéro par-là, à aucun moment si l’occasion se présente, le président Faustin Archange Touadera ne manquerait de dire haut et forte qui veut l’entendre sa conception de l’impunité zéro comme colonne vertébrale de son nouveau quinquennat. Un quinquennat arraché au prix de lourds sacrifices face aux actions de déstabilisation menées par la rébellion de la CPC.

Depuis le 13 janvier 2021, le pays totalise plus de huit mois d’une crise militaro-politique aigüe nécessitant des actions asymétriques et fortes de l’Etat Centrafricain pour barrer la route à cette unième tentative de déstabilisation des institutions de la République. Des actions dont les conséquences sur le plan de violation des droits de l’homme contredisent  immanquablement le concept de l’  « impunité zéro », cher au Président de la République et qui risqueraient fort bien de faire le lit des prochaines crises à venir.

Même si le peuple centrafricain semble être dépassé par l’ampleur de la situation, mais en coulisses, les langues se délient face l’applicabilité de l’impunité zéro que sur une catégorie de personnes. Aujourd’hui, dans les rues, les hôtels et restaurants de Bangui, les bourreaux du peuple qui pourtant étaient condamnés par la justice du pays se pavanent et sont logés aux frais de l’Etat, juste parce qu’ils ont rejoint la barque du pouvoir.

En plus d’une protection et d’une place de choix accordées aux bourreaux du peuple, les criminels économiques qui font le jeu du pouvoir ne sont jamais inquiétés mis à part ceux que l’on veut noyer parce que les circonstances ont changé.

Comment comprendre que les efforts énormes qui ont été faits dans le secteur judiciaire sur le plan technique, structurel, financier pour aboutir à l’indépendance judiciaire produisent de tels résultats ? Ce qui se passe actuellement en Centrafrique, est une sorte de mariage contre-nature entre la justice et la politique, alors que la soif de la justice pour un peuple meurtrie par des décennies de crises en raison de l’impunité n’est pas loin d’être abreuvée.

Nous devons assister véritablement à des procès de ceux qui ont orchestré des crimes de guerre et des crimes économiques  dans le pays.

La soif du peuple est de voir le président siffler la fin de l’impunité dans le pays et de permettre à ce que la justice fasse en toute indépendance et transparence son travail à l’heure où tous les regards sont fixés sur elle.

Ivann Gotoro