Dans son discours traditionnel à l’occasion du 13 aout, marquant la fête de l’Indépendance, le Président Faustin Archange Touadéra a fait une rétrospective des maux qui ont freiné l’élan du développement du pays, avant de projeter un avenir meilleur pour ce pays. Ci-après les extraits de son discours.
« Ce soir, je voudrais réaffirmer que le 13 août marque historiquement le point de départ de notre responsabilité, de la manifestation de notre volonté commune de construire un Etat de droit souverain et démocratique.
Le 13 août nous donne l’occasion de rallumer la flamme de l’espérance, de notre profonde aspiration à vivre dans l’unité et la dignité dans un pays enfin pacifié, uni et prospère.
Au moment où nous célébrons ce 63ème anniversaire, les aspirations légitimes du peuple ne sont pas totalement satisfaites et de graves dérives ont été enregistrées au cours des décennies.
En effet, il est indéniable que depuis l’indépendance, notre pays n’a pas pu initier des stratégies en vue de mettre en œuvre des programmes de développement pouvant répondre aux besoins fondamentaux des populations et assurer une paix durable.
Le pays a connu plusieurs décennies d’instabilité socio-politique et de dérives justifiées en partie par la mauvaise gouvernance.
Cette situation a plongé le pays dans une situation de crise humanitaire profonde et déstructuré les secteurs productifs.
Elle a par ailleurs entraîné l’affaiblissement de l’autorité de l’Etat et le dysfonctionnement des institutions de la République.
Mes très Chers Compatriotes ;
Aujourd’hui, nous sommes confrontés à un dilemme.
La question la plus cruciale et pertinente que nous devons nous poser concernant l’avenir de notre pays porte sur le point de savoir si nous sommes capables de nous dépouiller du vieil homme avec ses œuvres diaboliques, ses pratiques rétrogrades et compromissoires, lesquelles ont maintenu notre pays dans la pauvreté et détruit notre capital de vie, ou si nous devons nous lever tous comme un seul homme, pour nous tracer courageusement une nouvelle feuille de route, porteuse d’espoir, et tirer profit des gigantesques ressources naturelles dont regorgent nos sols et sous-sol pour bâtir un Centrafrique nouveau où il fait bon vivre ?
Je suis persuadé, mes très chers Compatriotes, que tous, nous avons un noble rêve, celui de construire une nouvelle société centrafricaine, une nouvelle société sur le fondement solide de l’amour du prochain, de l’amour de la patrie, de la concorde nationale, de l’égalité des chances.
En regardant dans le miroir du passé, nous devons avoir une nouvelle vision pour notre pays. Cette vision devrait façonner le programme du présent.
C’est pourquoi, dès 2016, nous avons, ensemble, entrepris de changer de paradigmes, de sortir des sentiers battus en repensant notamment notre politique de défense, notre politique économique, sociale, et surtout notre politique étrangère pour nous ouvrir de nouveaux horizons.
Les progrès enregistrés dans divers domaines, grâce aux réformes courageuses menées, avec l’appui constant de l’Assemblée Nationale, ont contribué à replacer notre pays dans le concert des Nations et suscité le respect de son peuple et de sa souveraineté.
C’est ainsi que les pays du BRICS qui, en plus d’avoir décidé d’abriter leur siège en Afrique centrale dans notre pays, vont développer très prochainement sept (7) projets structurants dans les domaines énergétiques, miniers et des télécommunications.
C’est aussi pour consacrer notre droit inaliénable à l’autodétermination et accélérer la marche de notre pays vers l’émergence que j’ai promulgué les lois relatives aux cryptomonnaies et à la tokénisation des ressources naturelles et foncières de la République Centrafricaine.
Nous devons être fiers de la politique nationale de protection des femmes, des jeunes filles, des enfants et des minorités contre les violences basées sur le genre et la traite des personnes.
Nous pouvons être fiers de notre jeunesse, porteuse de nos espérances, qui est désormais prête à relever les grands défis, grâce à son dynamisme, à sa vitalité, à sa vigilance et à son patriotisme.
L’on ne saurait, mes très Chers Compatriotes, durablement préserver nos acquis sans la paix.
C’est pour cela que j’avais fait de la sécurité mon cheval de bataille en consacrant tout mon premier mandat à reconstruire nos forces de défense et de sécurité.
De plus, nous avons pu nous mettre d’accord avec l’Ouganda pour le rapatriement des ex combattants de la LRA.(…)
(…) Ce patriotisme, vous l’avez démontré, le 30 juillet dernier, en plébiscitant, sur l’ensemble du territoire national et à l’étranger, la nouvelle Constitution de notre pays, comme l’attestent les résultats provisoires publiés par l’Autorité Nationale des Elections.
Par ce plébiscite, vous avez démontré au monde qui nous regarde à travers les médias, que la flamme de l’espérance allumée le 13 août 1960 ne s’est pas éteinte et ne s’éteindra jamais.
Malheureusement, ce moment historique a vu se réveiller, chez une poignée de nos concitoyens, les instincts enfouis de la violence, de la haine, de la méchanceté et de la désinformation.
Fort heureusement, le fiel amer de la méchanceté, le poison de la division qu’ils ont voulu instiller dans les veines de notre Nation, n’ont pas produit les effets qu’ils ont escomptés, le patriotisme indéfectible de la majorité écrasante de nos concitoyens constituant un antidote efficace.
Néanmoins, je dois rappeler et condamner avec la dernière rigueur, l’ignoble assassinat de treize (13) concitoyens de la localité de Diki, située à 140 Km de Ndelé, le 1er août courant, par les terroristes de la C.P.C, en représailles à leur participation massive au référendum constitutionnel du 30 juillet 2023.
Je tiens, de tout cœur, à renouveler à leurs proches la compassion de la Nation ainsi que notre engagement à tout mettre en œuvre pour que les auteurs, coauteurs et complices de ces crimes odieux soient recherchés, poursuivis puis condamnés par les juridictions compétentes (… ) ». FIN

Commentaires récents