Une exposition de pièces artisanales africaines, notamment des masques, s’est tenue le jeudi 19 mars à Bangui. Cette activité, organisée à l’Alliance française, bénéficie du soutien de l’ambassade de France en République centrafricaine.

Le continent africain continue d’impressionner le monde par la richesse de ses valeurs artistiques et culturelles. Certains fils et filles de ce continent se battent sans relâche pour la promotion de cet héritage. C’est dans cette optique que l’artiste camerounais Aboubakari Sidiki Mouliom Ngamby poursuit l’initiative héritée de son grand-père visant à promouvoir les arts africains.

Son travail consiste notamment à collecter des œuvres dans différents pays du continent afin d’en faire la promotion. Avec l’appui de l’ambassade de France en Centrafrique, il a organisé une exposition-vente de ces œuvres à l’Alliance française. À côté de chaque pièce exposée figurent son origine, son histoire et sa fonction.

À titre d’exemple, le masque Sénoufo, originaire de Côte d’Ivoire, est présenté comme un symbole spirituel et social majeur. Il joue un rôle important dans l’intégration communautaire, la transmission des traditions et l’harmonie entre le monde des vivants, celui des ancêtres et celui des esprits.

Cette initiative ne lui permet pas seulement de subvenir à ses besoins, mais aussi de partager avec le monde l’histoire et la signification de chaque œuvre.

« À travers cette exposition, nous voulons partager avec le monde la richesse et la diversité de l’art africain. Nous voulons faire découvrir l’histoire de chaque pièce, son symbole et la valeur qu’elle représente. Cette exposition est une invitation à voyager à travers l’Afrique et à découvrir ses peuples, ses cultures et ses traditions », a affirmé Aboubakari Sidiki Mouliom Ngamby.

La culture africaine continue d’attirer l’attention du monde extérieur par sa richesse et son importance. Présidant cette cérémonie, Bruno Foucher, ambassadeur de France en Centrafrique, a souligné la portée de l’art africain.

« L’art africain n’est pas un art décoratif. C’est un art de vie, un art du lien entre les vivants et les ancêtres, entre l’individu et la communauté, entre le visible et l’invisible. Chaque sculpture, chaque tissu, chaque bronze raconte une cosmogonie et une philosophie que nous aurions tort de réduire à l’exotisme », a-t-il déclaré.

Cette exposition a réuni des personnes issues de différentes couches sociales et venues de divers horizons. Les pièces exposées proviennent notamment du Congo, de la Guinée, de la Côte d’Ivoire, du Nigeria, du Cameroun, du Gabon et du Mali. Les prix varient selon les œuvres.

Cependant, il est à déplorer qu’aucune pièce provenant de la République centrafricaine ne figure dans cette exposition, bien que celle-ci se tienne sur le sol centrafricain. L’artiste affirme avoir parcouru plusieurs villes du pays à la recherche d’objets, sans succès, hormis un petit couteau vieux de 45 ans qu’il a pu collecter.

Caleb Zimango Bango