Depuis l’organisation du référendum constitutionnel en Centrafrique, la plateforme Be-Oko entre dans une zone de turbulence. Qu’est ce qui est à l’origine de ce tumulte au sein de ce regroupement des partis politiques alliés au pouvoir ?
Beo-Oko est une plateforme qui est née à l’approche des élections groupées de 2020-2021, regroupant une vingtaine de partis politiques alliés au Mouvement Cœurs Unies (MCU), parti au pouvoir. Elle a pour mission de soutenir et d’accompagner le Chef de l’État Faustin Archange Touadéra. Mais depuis près de deux mois aujourd’hui, dans le contexte de la gestion des fonds alloués pour la campagne référendaire, le torchon brûle entre les leaders de ce regroupement politique.
Selon les informations de l’Oubangui Médias, tout a commencé au lendemain du vote référendaire qui a eu lieu le 30 juillet dernier. L’un des membres de cette plateforme qui est conseillé à la Présidence de la République Sébastien Wenezoui a partagé un vocal de plus de 13 minutes dans lequel il pointe du doigt accusateur Me Thierry Patrick Akoloza, alors coordonnateur pour question de malversation des fonds estimés à 50.000.000 (cinquante millions) de FCFA destinés à la campagne référendaire.
La réaction n’a pas tardé. L’accusé a tenté de se défendre sur une onde de la place. Selon ses propres termes, cet argent est destiné pour la campagne et la répartition a été faite selon la taille des partis politiques. Cette réponse est mal digérée par ses pairs qui ont aussitôt procédé à sa destitution à l’issue d’une assemblée générale extraordinaire. Le Député et autre membre influent de la plateforme Timoléon Mbaikoua a été désigné pour conduire à bon port cette plateforme qui doit relever le nouveau défi de la vulgarisation de la Nouvelle Constitution controversée.
Mais, Me Thierry Patrick Akoloza maintient toujours sa position et continue d’œuvrer au nom de cette organisation. Pas plus tard que le weekend dernier, il a organisé une cérémonie à l’issue de laquelle le Chef de l’État Faustin Archange Touadéra a été convié.
Peut-on dire que le Chef de l’État a choisi son camp?
Déjà dans son discours de circonstance, le locataire du Palais de la Renaissance a rassuré Me Thierry Patrick Akoloza et sa suite et leur demande d’être serein car, il est courant de tout et de rien.
Le président a-t-il pris position ? Cette question mérite d’être posée. En tout cas, c’est une véritable guéguerre qui ne profite qu’aux intéressés. Déjà, le président Touadéra doit gérer en son sein plusieurs situations pareilles où des mouvements voire partis politiques sont divisés à cause des intérêts égoïstes.
C’est du fait des défauts des femmes et hommes qui se précipitent dans la gouvernance sans préparation intellectuelle et morale consistante. La politique devient synonyme de malignité, mensonge, tromperie, duperie aux yeux de l’homme du commun, aux yeux du simple citoyen. D’où mépris et méfiance vis-à-vis des politiciens centrafricains.
Tout le monde se précipite pour avoir une place autour du soleil, puisque selon certains analystes de la vie politique, après ce vote référendaire il fera la pluie et le beau temps.
Le Chef de l’État Faustin Archange Touadéra qui est garant de l’unité nationale et la réconciliation doit intervenir pour étouffer ce conflit intestinal. La rupture avec les anciennes pratiques ne doit pas être un discours mais une réalité.
Le plus dangereux pour le Président Touadéra est qu’il risque de perdre ses alliés politiques s’il n’arrive pas à les rassembler pour trouver des solutions aux problèmes qui les divisent. Il n’est pas un confort pour le président Touadéra de gérer des partis ou mouvement politiques à deux têtes.
Que se cache-t-il réellement ?
L’intérêt personnel et l’envi du pouvoir est la cause principale des divisions au sein des mouvements ou partis politiques dans le pays. Nous savons qu’après la promulgation de la Nouvelle Constitution, le Président Touadéra s’apprête à former un nouveau gouvernement qui va lui donner un nouveau souffle pour cette 7ème République.
Des sources bien introduites confient à l’Oubangui Médias que le Chef de l’Etat, une fois de retour de New-York où il prend part à l’Assemblée Générale annuelle de l’ONU ne tardera pas à former un nouveau gouvernement. L’actuel date de l’après élection présidentielle de 2021 alors qu’il y a des membres du gouvernement qui sont en poste depuis 2016.
Les agissements actuels des plateformes et mouvements politiques ressemblent à une guerre interne de positionnement. Le cas de la plateforme Beo-Oko est une illustration.
Christian Steve SINGA

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