C’est ce qui a été rendu public ce 04 juillet 2023 dans le rapport de Mission du Ministère de l’Administration du Territoire, de la Décentralisation et du Développement Local.

Il s’agit du rapport d’une mission effectuée du 12 au 21 juin 2023 dans certaines Communes situées sur le corridor Bangui-Garoua-Boulaye, zone géographique couverte par le Projet Européen d’Appui à la modernisation de l’Etat-Civil en République Centrafricaine.   La mission devrait permettre de collecter des informations visant à enrichir le rapport de diagnostic du système d’enregistrement des faits d’état-civil.  Ce diagnostic a été envisagé comme première étape du processus d’élaboration de la politique nationale de l’état civil. 

La mission a été conduite par Monsieur Jean Symphorien Ngama-Piault, Directeur Général de la Décentralisation et de l’état civil.  Faisaient aussi de l’équipe de la mission, Madame Mylène Touadera, Directrice de l’Etat-Civil et de la Démographie et Monsieur Sylvestre Dongombe, Assistant en suivi-évaluation État-Civil au Ministère de l’Administration du Territoire, de la Décentralisation et du Développement.

Selon ce rapport les communes de Boali, Bossembele, Yaloké, Bossemptélé, Baoro, Baboua, Bouar, Béloko présentent les mêmes problèmes de dysfonctionnement dans l’organisation des archives des faits d’Etat-Civil ; les sensibilisations autour de l’importance pour un enfant d’avoir son acte de naissance n’est pas faite à grande échelle, d’où l’ignorance et la négligence des parents. 99% du personnel travaillant aux Services d’Etat-Civil dans les communes sont âgés, fatigués (excepté dans la commune de Baboua) et en nombre insuffisant.  La taille des communes, la relation moins harmonieuse entre les formations sanitaires et la mairie ainsi que la non application du principe de gratuité prévue par la loi pour la délivrance des actes de naissances sont entre autres facteurs qui limitent le bon fonctionnement de services d’état civile dans ces localités.

Ce document propose aussi un nombre de recommandations pour chaque commune pour la réussite de la campagne de gratuité prônée par le Président de la République et demande un rajeunissement du personnel de l’Etat-Civil à travers le recrutement de nouvelles Unités. Le rapport suggère aussi que dans la suite du recrutement de nouvelles unités, il faudra qu’un suivi soit fait pour que cette nouvelle génération puisse contribuer efficacement à régler les manquements dans le fonctionnement de services d’état civil dans les communes et maintenir un bon climat social qui sera très utile pour garantir avec sérénité l’avenir de nos enfants.

Sur les huit communes sillonnées par la mission, la commune de Koundé, selon ce rapport, applique bien la gratuité comme prévu par la loi. Cependant, souligne le rapport, on peut noter quelques difficultés pour les déclarations hors délai en plus de l’éloignement du centre d’Etat-Civil pour certains villages. Le rapport souligne aussi l’ignorance et la négligence de certains parents qui méconnaissent l’importance des actes de naissance dans la vie de leurs enfants, malgré les sensibilisations faites par les chefs religieux et traditionnels, par les associations et les Directeurs des écoles.  

Cette mission a remarqué qu’aucune commune ne dispose d’un très bon archivage des documents mais note une nette différence entre la commune de Baboua et les services des autres communes. Des registres ont été remis aux chefs des villages et quartiers pour les enregistrements des naissances survenues dans leurs juridictions et qui ne sont pas déclarées pour transcription.

Il faut dire que cette mission a été sollicitée par le comité technique des experts des Ministères parties-prenantes lors de la présentation du rapport de diagnostic et d’orientations stratégiques réalisé dans le cadre du processus d’élaboration de la politique Nationale de l’État-Civil le 16 mars 2023. Ces experts ont souhaité entre autres que ce rapport soit enrichi davantage par des enquêtes menées dans certaines villes des provinces.

Angela Pascale KOYAKANGUI