Le monde célèbre ce 4 avril 2024 la journée mondiale de lutte contre les engins explosifs. Cette journée a été instaurée en 2005 par les Nations-Unies. Une conférence de presse conjointe y relative a été organisée le mercredi 3 avril par la Minusca, l’UNMAS qui est un organe spécialisé dans le cadre de déminage. Cette conférence de presse a eu lieu en présence du coordonnateur national de la lutte contre ces mines anti-personnel, Lt-Colonel Edgard Ghazaka.

Au regard du bilan à mi-parcours des activités de l’UNMAS en RCA, au moins 195 incidents liés aux engins explosifs ont été enregistrés depuis 2020. Ces multiples cas d’incidents ont touché plus de 160 personnes dont quatre soldats de la paix des Nations-Unies. Ce phénomène qui prend de l’ampleur surtout dans les parties Ouest, le Centre et l’Est du pays entrave les activités des humanitaires dans ces régions.

Mais conformément à la résolution 2709 (2023) du Conseil de Sécurité des Nations-Unies qui charge la Minusca à appuyer les autorités centrafricaines, c’est ainsi que, l’organe qui a une expertise dans le domaine d’enlèvement de ces engins explosifs, l’UNMAS a pu outiller les acteurs humanitaires, des Forces de défense et de sécurité et d’autres agences des Nations-Unies sur les mécanismes de détection de ces engins afin d’atténuer les menaces qu’ils causent dans le pays. 

Sophie Van Royen, la coordonnatrice de l’UNMAS a indiqué qu’au total 20.450 munitions et engins explosifs obsolètes ont été détruits en toute sécurité en commun accord avec les spécialistes nationaux de neutralisation, d’enlèvement et de destruction des engins explosifs (NEDEX) :  « L’UNMAS a organisé plusieurs séances d’éducations aux risques liés aux engins explosifs à l’intention de plus de 25.000 personnes ici à Bangui ainsi que dans des zones en forte menace. »

Mais d’où proviennent ces engins explosifs ?

« C’est suite à la porosité des frontières entre la République centrafricaine et ses pays limitrophes, les groupes armés se ravitaillent auprès des pays voisins », a souligné le Lt-Colonel des FACA Edgard Ghazaka.

Mais le gouvernement, notamment le ministère de la défense est à pied-œuvre pour contrecarrer l’importation des engins explosifs sur le territoire national.

A titre de rappel, le premier incident de ces engins explosifs a eu lieu en 2020 dans la préfecture de l’Ouham.

Christian-Stève SINGA